vendredi 7 février 2014

Polenta e osei .

Je crois avoir déjà avoué mes origines italiennes, bergamasques même, pour être plus précis...

Ma grand-mère (oui, oui, celle qui prisait...) nous régalait souvent de polenta aux petits oiseaux.
Enfin, souvent, c'est vite dit.
Encore, fallait-il que le chasseur (ou le braconnier) de la famille ait ramené de sa journée à la vigne, en hiver,  des bestioles à plumes plein la musette. Ca arrivait de temps en temps, même si c'était prohibé ...

Oui, c'est prescrit ... Et puis ils sont tous morts. Les petits oiseaux, certes, mais aussi et hélas, les chasseurs!

Et fallait-il encore que la bis-nonna soit "décidée" .
Car, c'était pas un petit boulot .
D'abord, plumer les petites bêtes. En évitant - non pas de mettre du duvet partout, ça c'est inévitable - mais surtout d'abimer la chair des volatiles en tirant un peu trop fort sur la plume. C'est pourquoi les petites mains étaient nécessaires et non pas les gros doigts tout calleux des hommes. Ils étaient d'ailleurs bien contents de se dispenser de la corvée . A eux la gloire du chasseur, aux femmes l'intendance. 
Et tout est parfait depuis la nuit des temps.

Ensuite, cuire la polenta ... De l'eau, un peu de lait  dans une grosse marmite . Quelle quantité ? ... Beuh ! ... Comme dans l'industrie pharmaceutique QSP...
Quand le liquide bout, on verse la polenta en pluie. La polenta authentique. Pas la mixture précuite de chez Truc ou Chose qui se trouve bien alignée sur les rayons du supermarché, entre le riz en sachet et les pâtes "top chrono" . 

Avant, on aura pris grand soin, de mettre à côté du récipient le long bâton de bois nécessaire pour tourner, tourner et encore tourner. Parce que si vous attendez que l'ébullition reprenne pour ouvrir le tiroir à couverts et chercher où vous avez bien pu mettre cette p. de cuillère depuis la dernière fois .... ça le fera pas...

Quand la polenta se détache des parois de la marmite, tout est fait . La cuisson est parfaite, et le visage de la cuisinière rouge comme l'écrevisse ... Faudra pas faire de manière et accepter que les convives dégustent les petits oiseaux avec les doigts. La fourchette est acceptée pour la polenta uniquement .

La première fois que je suis allée à San Pellegrino, avec bis-nonno (et son passeport à l'effigie du roi Victor Emmanuel!), j'ai dégusté ce plat enrichi de crème fraîche et c'était pas mal du tout.

Donc, à la maison, en France et au XXI° siècle, la polenta e osei, recette bergamasque, est appréciée.

Pour Noël 2013 , c'était une version iconoclaste.
De la polenta pré-cuite, découpée en petits sapins et poélée a accompagné ... le chapon ! Pas vraiment un petit oiseau. 
On fait avec ce qu'on a, n'est-ce-pas ?
C'était bon aussi. Je confirme qu'on s'est servi de fourchettes pour l'ensemble.





mardi 29 octobre 2013

Saint-Michel au péril de la mer


Breton, le week-end, c'était prévu!...

Nous avons échappé aux manifestations - les Côtes d'Armor, c'est pas le Finistère - mais nous n'avons pas échappés à la tempête . Ca, c'était moins prévu.
Il fallait être un petit peu fou pour découvrir le Sillon de Talbert en compagnie d'Eole. Mais c'était trop beau, comme disent les djeuns. Et puis, ce n'est pas une largeur de quelque trente cinq mètres de sable s'avançant dans l'océan qui allait nous faire peur, n'est-ce-pas ?

A Perros, la petite maison de Maurice Denis, délicieusement dénommée Silencio y Descanzo 


paraissait bien à l'abri de toutes ces contingences économique ou météorologique .

Continuant dans le même état d'esprit, il fut décidé de repartir via le Mont Saint Michel. C'était pas trop la route. Pas la route directe en tout cas. Le GPS fut programmé.
Petit détour de 200 kilomètres.


- Mouais, petit détour de 200 kilomètres, mais petit détour de plusieurs heures.
- Pourquoi ?
A cause des travaux. 
Les fameux et pharaoniques travaux, qui doivent désensabler la baie du Mont. Et qui obligent les bipèdes à payer un emplacement pour leur véhicule, puis à emprunter la navette, puis à continuer pedibus (cum) jambis jusqu'aux remparts.  Donc, du temps, beaucoup de temps, à prévoir.
J'ai même entendu quelqu'un dire, avec vigueur, "c'est le b...! "


(Vue des travaux depuis la"cage de l'écureuil")

 Et quand la tempête s'en mêle ...


C'est bon, on l'a déjà fait. Ouf...

Ici, je me dois d'ouvrir une parenthèse. Dans le célèbre régime que je ne nommerai pas précisément (Yes, "You can") il est indiqué que les ascenseurs sont interdits à vie . Allez-donc au Mont Saint Michel, mesdames, et vous aurez respecté votre obligation pour le restant de vos jours! ...
Mes genoux s'en souviennent encore !...

La tempête avait contraint le Mont à fermer à la visite la plateforme de l'église et aussi les jardins. Dommage... Certains jardins ont pu être entrevus.

Havre de paix.

Tout comme le cloître, suspendu entre ciel et tangue:


Entr'aperçu par un vitrail de la Salle des Hôtes, le mont Tombelaine :

Je vais ici rassurer les inquiets.
Non, non, la tempête n'a nullement empêché les aficionados de la Mère Poulard d'aller se faire plumer dans son très célèbre restaurant, en dégustant sa non moins célèbre omelette. 
Trente euros, quand même, l'omelette.
Le chef m'a dit qu'à ce tarif là, les poules devaient être choyées... Dans la salle, aux murs tout tapissés de photos de célébrités internationales, une majorité de japonais.
- Des chinois ! ... pas confondre !
Nous voici rentrés à la maison.
Le travail nous y attendait.

Pour aller plus loin:
Des romans (polars) sur le Mont, il en existe beaucoup.
Mon fils me signale un film, avec Ben Affleck,"A la Merveille". Film qu'il n'a pas vu, et moi non plus, mais nous allons vite réparer l'oubli.

Navette et zézette

Une fin de semaine à Aix en Provence, le vendredi, pour assister à une remise de prix ! C'est la mère qui était fière...
Ce serait pas plutôt de l'orgueil ?... Oui, bon, ça va ...
Donc vendredi soir à Aix et samedi à Marseille. Au menu, boulot pour le maître et et co-pilotage pour l'esclave .
Marseille est pour moi, toujours, un plaisir (sauf l'escalator de la gare Saint-Charles) .
Il faisait frisquet mais il y avait un beau soleil, et derrière les vitres du bar, le café s'est laissé déguster. Le Vieux Port est maintenant presque entièrement relooké et ça me plaît.
Nous avons re-visité Saint Victor et sa crypte. Etonnante ! Par ses dimensions et par son"mobilier" de sculptures. Et Lazare, émergeant de la pierre, n'est pas la moindre des découvertes.
La sortie était tout embaumée de l'odeur des navettes... et oui, le jour de cuisson, le boulanger ouvre grand portes et fenêtres, histoire d'en faire bénéficier le passant . C'est pas innocent ...
Le meilleur moyen de vaincre une tentation étant d'y succomber (merci Oscar) j'ai acheté quelques exemplaires de ce célèbre biscuit . C'était pas donné.
 - Mais, ma p'tite dame, même à Marseille, rien n'est donné!
Pas donné et franchement, très, très surfait .
La bonne odeur, rien à dire : de ce point de vue, la navette mériterait une place de choix dans l'armoire à linge ... Mais pour la dégustation, il est nécessaire de se renseigner, préalablement, sur la disponibilité de votre dentiste préféré. Car pour être dur, c'est dur!...
Chacun ses goûts, je préfère la zézette de Sète.

lundi 23 septembre 2013

Il est mort le poète.

Voici longtemps que je n'ai pas écrit...
Et puis, fin août, le décès de Seamus Heaney me rappelle un beau poème que Guillaume avait traduit avant de me le faire parvenir depuis son exil irlandais.
Je ne résiste pas ...


Digging - Seamus Heaney (1966, Death of a Naturalist) - traduction libre de Guillaume
Entre mon index et mon pouce
Repose le plume ; chaud comme fusil.

Sous ma fenêtre, un clair son qui gratte
Quand la bêche plonge dans le sol caillouteux.
Mon père, qui creuse. Je regarde

Jusqu’à ce que son dos peinant entre les parterres
S’incline, parte vingt ans en arrière
S’abaisser en cadence dans les rangées de patates
Où il creusait.

La grossière botte contre l’oreille, le manche
Entre les genoux fermement tenu.
Il déracinait des cimes, enfonçait les piques brillantes
Pour dégager d’autres patates que nous prenions
Aimant leur froide rigueur dans nos mains.

Par Dieu, le vieux savait tenir une bêche.
Tout comme son vieux.

Mon grand-père a sorti plus de tourbe en un jour
Qu’aucun autre dans la tourbière de Toner.
Une fois, je lui ai apporté du lait dans une bouteille
Emmitouflée de papier. Il s’est redressé
Pour le boire, puis est retombé sans s’arrêter
De tailler et trancher, laisser des mottes
Sur son épaule, aller çà et là
Pour de la bonne tourbe. Creuser.

L’odeur froide de l’humus des patates, succion et claque
Du terreau trempé, les brefs coups de pique
Dans les vives racines se réveillent dans ma tête.
Mais je n’ai pas de bêche pour suivre de tels hommes.

Entre mon index et mon pouce
Repose le plume.
Je creuserai avec. 
Original en ligne sur http://www.wussu.com/poems/shdigg.htm
Seamus Heaney Prix Nobel de Littérature en 1995.

Et moi, pour me souvenir des miens, avec quoi pourrais-je creuser ?

mercredi 14 novembre 2012

au voleur !

J'aime toutes les saisons, mais j'apprécie particulièrement l'automne ...
- Mouais , on le sait, tu l'as déjà dit...
 
... Sauf cette année ! Cette année on m'a volé mon automne.
 
Je suis partie - avec le maître - à Ploumanach, comme chaque année en octobre. Week- end un chouia prolongé jusqu'au lundi 15. Le temps n'a pas été aussi pourri que ce qu'on nous l'avait annoncé, et la traversée de la Sologne fut, comme souvent, un enchantement pour les yeux (pour les papilles aussi!). En Bretagne, le temps fut ... breton, mais les rochers de granit rose étaient bien là, la mer tantôt bleue tantôt grise, et le beurre sur la table de l'Hôtel du Port toujours aussi délicieusement salé ...
 
... et à la même place, l'abbaye de Beauport (pour son cidre)
 
A La Clarté, tout était aussi en place, les tableaux de Maurice Denis, mon copain Saint Fiacre avec sa bêche et le Maure souriant du bénitier...  Bref, séjour agréable.
- Alors pourquoi encore roumèguer?. Tu as pu visiter Le Mans, cité Médiévale et Renaissance, trés méconnue,
 
 
Et l'arbre abattu par le coup de vent n'est pas tombé sur ta voiture, mais sur celle d'à côté.
- Vrai ? 
- Oui, oui .
 
 
Tu es revenue arpenter les beaux jardins de la cathédrale de Bourges.
- Vrai ?
- Oui, oui .
 
 
Mais fiston, ça c'était dimanche.
Jusque là tout allait bien, sauf qu'il y a eu une "petite gelée" nocturne. Non prévue, la gelée.
A l'aller, les arbres, les vignes, la forêt ...Tout quoi, tout était encore bien vert.
Au retour, voilà-t'il-pas que les arbres, les vignes, la forêt... Tout, tout était devenu marron.
On m'a volé l'automne, ses couleurs jaune mordoré, pourpre, feu... Il est inadmissible qu'on m'impose de passer directement du vert au marron. 
 
Faire ça dans la nuit, c'est grave! C'est du vol, c'est du vol avec circonstances aggravantes!
Pour "me remettre", je vais me payer une petite tranche de Kouing Aman, puique j'en ai ramené l'authentique et bretonne recette.
C'est presque "Secret Défense" ...   
 
 
A voir:
Allez-donc visiter Le Mans. Toujours aussi difficile d'accès (éviter le circuit!), la cité médiévale est magnifique. C'est une coquette ! Quand on reprend la route, le dernier regard sur les remparts de briques appareillées ne vous laissera que des regrets...
 

lundi 8 octobre 2012

Des pommes, des poires ... Non, pas de scoubidous

Aprés les pommes, aprés les potirons (quatre exemplaires de 24 kg,  et quelques autres d'une taille plus raisonnable), nous eûmes les poires ...
 
 
 
Dans cette rude compétition agricole, les deux poiriers offerts voici quelques années par notre fille aînée n'ont pas voulu être en reste.
Les Louise Bonne sont encore sur l'arbre. Le deuxième arbre, dont malheureusement j'ai perdu l'étiquette, n'a produit que quatre fruits. Mais quels fruits!
Posée sur la balance de ménage, la First poire accusa 420 grammes!... Finalement, en y réfléchissant bien, l'étiquette devait porter "Poirier Spécial Famille Nombreuse"  .
 
Après la pesée, j'eus comme des sueurs froides ... Il me souvint qu'au printemps, j'avais tenté de mettre les petites poires en bouteille, mais que le manque de contenant selon mon goût m'en avait dissuadé!... Faut toujours se méfier d'un petit calibre !... Devenu adulte, il m'aurait explosé le verre!
 
Donc, cet automne je fais des provisions.
L'hiver risque-t'-il d'être rude? Il y a des signes : la lecture du journal par exemple, avec toutes ces catastrophes annoncées .
Un autre signe : mes amis à quatre pattes du jardin, eux aussi ils provisionnent ! Même que les noisettes ont eu à peine le temps de choir sur la pelouse : les écureuils les ont fait tomber et moi j'ai ramassé. Vite fait !
Manquerait plus que la Banque de l'Ecureuil compte sur mes fruits pour payer les futurs intérêts du livret augmenté !
 
Dans le même chapitre intitulé "Stocks", ajoutons les champignons. Pas n'importe lesquels. Non, le roi des champignons, j'ai nommé le cèpe!
C'était le dernier dimanche de septembre. Lors du règlement de l'excellent repas pris dans un restaurant de village (au bout de nulle part, mais en bordure de la route Mende - Langogne,  pour ceux que ça intéresse!). Donc, après avoir tapoté sur la GBB (game-box-bancaire), je découvre, peint directement sur la vitre de la porte, une annonce de circonstance: A vendre champignons, girolles ("Y en a plus ma p'tite dame"), cèpes et mousserons. Je fais part de mon intérêt au patron et demande à les payer, avant d'aller les chercher "en bas, au garage". Et l'homme, rigolard, le tablier de cuisine tressautant sur son embonpoint : " Ah non! C'est en bas qu'on paye, ... et en liquide. C'est pas le même prix, selon qu'on a mangé au restaurant ...ou pas! ". Donc, pour le cours du cèpe, y a pas que la météo qui intervient. D'autres facteurs sont à prendre en considération, du moins pour le cèpe de Lozère!.
Les cèpes ? Trés beaux, comme des bouchons de champagne! Choisis par le patron et pas trés chers (Nous, on avait mangé au restaurant!). Mangés le soir même dans une omelette, d'autres au congélateur. Et les derniers, bien que lozériens, ont séchés les jours suivants au soleil de l'Aveyron. 
 

jeudi 4 octobre 2012

Pom, pom, pom pom ...

C'est un fait avéré, je n'aime pas beaucoup les fruits. Et surtout pas les pommes.
 
Avec moi, Adam, il aurait croqué direct !
Vieux souvenir de ma "prison" de Font Romeu, où ces fruits entraient par camion entier dans les réserves de la cuisine...
 
Oui mais, dans notre verger, la reine des reinettes ... est reine.  Et par les temps qui courent, rien ne doit se perdre. Alors, pas tous les jours mais presque, je compote, nous compotons les fruits tombés sur la pelouse et qui ne se conserveraient pas.
 

(Récolte 2012)
Ma méthode est simple et rapide.
J'épluche, je coupe en 4. Oui, ma pomme, c'est pas taille XXL, c'est balle de tennis, maxi ! Alors détailler en 4, c'est suffisant. 
Ah, trés important, je garde les pépins. Non, je ne collectionne pas, je stocke seulement. Nuance!  Rapport aux prochaines confitures ou gelées qui auraient des vélléités de ne pas figer ... Et bien, les pépins dans une boule à thé, avec les fruits dans le chaudron et sur le feu, évitent tout simplement l'emploi de géli-machin ou de sucre-truc, additifs qui n'ont pas l'air trés honnête, écologiquement parlant. Voilà, fermons notre parenthèse.
Les pommes en morceaux remplissent un saladier, avec couvercle, le tout en verre ( pas de plastoc !), une assiette creuse dessous pour éviter d'avoir à nettoyer en cas de débordement, et zou, direct dans le micro-ondes : 10 minutes à 750, petite pause puis encore 2 minutes  C'est fini.
Je confirme : pas de sucre, pas d'eau, pas de ... Que de la  reinette!
Si c'est bon ? Ah oui ! Même pour ceux qui - comme moi - n'aiment pas les pommes. Et qui n'aiment pas, non plus, laver les casseroles.
 
Simple et rapide, j'ai déjà dit.
 
Une pomme par jour éloigne le médecin, dit-on ... Oui, à condition de savoir viser. Merci Sir Winston Churchill. 

mardi 11 septembre 2012

Un week-end à Aix, c'est toujours un grand bonheur. Pour plusieurs raisons, mais pour deux principales: les calissons et ... Guillaume. Pour les deux, je veux bien risquer l'overdose.

Ce dimanche, je suis entrée dans la chapelle des Oblats, merveille architecturale. Clarté des pierres et voûtes elliptiques. Je regrette beaucoup de ne pouvoir la visiter, avec un guide, lors des prochaines Journées du Patrimoine.

L'une des statues à l'entrée du choeur : Saint Jean de la Croix.
Celà me remet en mémoire le beau texte qu'il a écrit et que j'aime particulièrement:

Un grand Amour m'attend

Ce qui se passera de l'autre côté,
Quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité...
Je ne le sais pas!
Je crois, je crois seulement
Qu'un grand amour m'attend.

Je sais pourtant qu'alors, pauvre et dépouillé,
Je laisserai Dieu peser le poids de ma vie,
Mais ne pensez pas que je désespère...
Non, je crois, je crois tellement
Qu'un grand amour m'attend.

Maintenant que mon heure est proche,
Que la voix de l'éternité m'invite à franchir le mur,
Ce que j'ai cru, je le croirai plus fort au pas de la mort.

C'est vers cet amour que je marche en m'en allant ;
C'est dans cet amour que je tends les bras,
C'est dans la vie que je descends doucement.

Si je meurs, ne pleurez pas,
C'est un amour qui me prend paisiblement.
Si j'ai peur ... et pourquoi pas?
Rappelez-moi souvent, simplement,
Qu'un grand amour m'attend.

Un peu de lumière dans ce monde de ténèbres.

lundi 30 juillet 2012

Si vous avez trop chaud...

... je connais un endroit TRES frais :





LA CANOURGUE,
 aussi appelée Venise Lozérienne.

C'est moins loin, et on y mange bien mieux pour moins cher.

En ce moment, dans une belle maison à colombages, restaurée, Place au Blé, Jys Stuyling de Lange expose ses dernières oeuvres.


Le peintre est attachant . Tout comme le lieu. 

mardi 17 juillet 2012

Un dinosaure à Nimes.

C'était hier.
Belle soirée en vérité, car il déménage l'animal! ...
Dans le cadre fantastique des arènes de Nimes, sous un ciel sans nuages, avec un vent qui secouait tout, y compris les projecteurs, j'ai eu la chance d'assister au concert du grand Bob . Grace à Guillaume qui s'est fort opportunément souvenu qu'avant d'être sa mère, j'avais été fan des sixties. Et oui, ça ne nous rajeunit pas.
Et Bob ?  - Ben, lui aussi il ne rajeunit pas. 
Soixante et onze ans au compteur!


En hors d'oeuvre, nous avons eu droit à Adam Cohen . Oui, oui, le fils du grand Léonard! Sympathique, ça oui!... Rien, cependant, ne vaut l'original.  Mais quand des centaines de voix reprennent dans la nuit  So long Marianne, la magie opère, et tout est pardonné. Au nom du père... 

Enfin paraît Bob Dylan. Si la voix est quelque peu éraillée, le reste n'a pas pris une ride.  Des musiciens à l'unisson, l'entourent, sans jamais l'éteindre.  Entre ses mains, les instruments, harmonica, clavier ou guitare, deviennent mélodies, enflent, explosent et font vibrer ces arènes. 
Quand s'annonce Like a rolling stone, la sécurité ne peut empêcher la foule de converger vers la scène et d'acclamer, debout, l'homme au chapeau blanc.
Cette nuit semblait suspendue au dessus de l'enceinte de pierres, et on serait bien resté là jusqu'au lendemain.
Les nombreux rappels n'ont pas vraiment touché le chanteur, qui, trés "pro", nous gratifia d'une seule reprise. Dommage. Mais puisque ce concert s'inscrit dans le never ending tour, je vais garder un oeil sur le calendrier de Bob. 
Que dire de plus?
Il y a longtemps que je n'avais vu un tel rassemblement  Peace and Love. Anciens hippies un chouia vieillis. A l'image de cet homme devant moi, torse nu sous une veste classique. De longs cheveux gris alignés derrière un bandeau, bien partagés sur un crâne dégarni. Debout, se trémoussant sans discontinuer pendant deux heures, de ses deux mains il écartait ses cheveux, s'en faisant un cornet pour mieux entendre. Etait-ce vraiment nécessaire, compte tenu des décibels ambiants?...
The answer, my friend, is blowing in the wind

vendredi 22 juin 2012

On dirait le Sud...

... oui,  mais le Sud-Aveyron !

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(le rougier de Camarès)

Le rouge de la terre, les genêts d'or et le bleu du ciel ... Ca me rappelle le "terrier" de Font Rami, de Varailhac, ou de Cazouls tout près de mon village natal.

C'était lors d'un rapide et impromptu aller-retour à Camarès, la belle endormie.
Il fut un temps où la gent féminine des hauts cantons de l'Hérault, voulant s'offrir un beau vêtement de cuir, faisait un "saut" jusqu'à Camarès ou se trouvaient les ateliers Mac Douglas. Si la marque (de luxe) existe toujours, elle n'est plus abritée sous cette toiture à la silhouette découpée comme un long zigzag sur l'horizon. Elle s'est délocalisée et elle a déserté ces lieux considérés comme trop ...
Trop quoi?... Trop ploucs ? - Non, non, trop excentrés.
 ... me plaît pas, le verbe déserter. Synonyme d'accomplir une mauvaise action.
Remarquons que ce n'est pas la première fois que ce lieu est victime d'ostracisme. Là, au même endroit, sous ces mêmes toits, étaient des fabriques de draps, de molletons ou de couvertures pour les militaires, dont l'usine Rachou ... Plus aucune draperie aveyronnaise depuis les années 1960.
Trop quoi celles-là ? Trop ploucs? - Non, non, trop spécialisées.

A Camarès, allez donc faire provision de biscotins à l'atelier situé après le pont. Et, tout en regardant travailler la petite équipe familiale des biscuitiers, vous dégusterez les différents produits de la Maison Majorel. Testez et choisissez ! C'est ce que j'ai fait !

Tout à côté se trouve le petit village d'Andabre. Difficile de croire que ce fut une cité thermale. Mais si, mais si !
Et pour quelles affections ? - Je ne sais pas trés exactement, mais la "pub" annonçait : " Ne tournez pas autour du pot. Allez à Andabre." 

Sur le retour, je n'hésite pas à quitter le goudron pour aller voir de plus près la belle église de Saint Pierre d'Issis.
(Saint Pierre d'Issis)
En parcourant le cimetière devant l'édifice, tout tristounet de ses quelques vieilles pierres tombales allongées sur un sol desséché, il me souvient d'avoir eu en main une partie de registre énumérant les naissances, les morts - et les causes  de ces décès - sur cette paroisse. Oui, autrefois, ce petit territoire était une paroisse .
A lire: 
De Marie Rouanet, l'arpenteur . Une écriture juste et ciselée. Un régal.

dimanche 3 juin 2012

(Rodez, église Saint-Amans XVI°siècle)
Curieuse statue polychrome qui représente la Trinité, exposée dans l'église Saint-Amans, où elle fut découverte voici quelques années.
Aujourd'hui les chrétiens fêtent la Trinité, vrai mystère s'il en est.

Je ne fais ici aucun prosélytisme. D'accord?

Ceci étant dit, j'aime cette représentation.
Le Père nul ne l'a vu, même si les Evangiles rapportent "Celui qui me voit, voit mon Père". L'Esprit sous forme de colombe - c'est une image plus connue - sort de sa bouche. Et, entre ses bras, la Croix où devait être Jésus, mais le visage n'a pas survécu à la folie des hommes ...
Telle qu'elle est, même martyrisée, cette Trinité me plaît, et c'est souvent que je la visite dans cette église où fut célébré notre mariage.

Le week-end dernier, grâce au Grand Randonneur en chef de mon village natal, j'ai découvert Caninals, puis Salabert et enfin Le Priou.
Le thème de la balade était "les cistes". Oui mais les cistes ne nous avaient pas attendus. Quand c'est l'heure de fleurir, ils fleurissent, et après l'heure - n'est-ce-pas - ...

Quelques-uns cependant ont eu pitié de nos godillots, ici,


ou encore là,
Et puis quoi encore ? De l'eau ...
...celle qui coule de la fontaine de Salabert,

...et celle du sentier qui remonte (le sentier, pas l'eau...) vers Le Priou, où paressait une belle fougère,
Mais la fine céphalentère, orchidée timide et rosissante, n'a pas voulu se laisser prendre en photo. Désolée!

Ma trinité à moi, de l'eau, des fleurs... et des randonneurs : 
Ca, c'était samedi. Et dimanche, c'était quoi le programme?
- Fonseranes, pour assister à la messe.
Et frère Basket ?
- Toujours là. Plus dans le choeur, mais au premier rang, acoustiquement dépendant et en charentaises. Frère Pantoufles désormais.