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dimanche 17 juillet 2011

Des brunes, des rousses et des quatre menteuses!

Il est question d’un bref séjour, trois jours et demi exactement, en Hibernie, et plus précisément… dans un palud ! Erudits de passage, apprenez que Cork, deuxième ville de République d’Irlande et troisième ville de l’île, vient de Corcaigh, qui signifie ‘marécage’ en gaélique irlandais. Fondée par des moines, la cité grouille effectivement de couleurs et d’activités.
S’y rendre nécessite un billet d’avion (trouvable en été depuis Carcassonne avec Ryan Air), un bon traducteur (en chair et en os, faute d’encre et de papier), une certaine dose de patience pour saisir le vif et chantant accent local (« Hay, so ye ar’ lookin’ for Patrick’s Street n’all de shops, I can bring ye dere meself if ye wan’. »), des yeux supportant la pluie fine et un palais de bonne humeur.
Des brunes et des rousses ?
Non, il ne s’agit pas seulement des jolies irlandaises aux cheveux cannelle, mais surtout de breuvages mousseux. La Guinness étant dublinoise, il est préférable de s’adonner aux bières brunes du Munster, à savoir la Beamish et la Murphy’s. La brasserie principale (apparemment fermée en ce moment) de la première jouxte le cours de la Lee ; ses propriétaires ayant contribué à l’édification de l’actuelle cathédrale Saint-Finbarr (Eglise d’Irlande, communion anglicane) sur la rive sud.

La brasserie côté recto...


... la même côté verso !

Cette stout est reconnue pour son goût amer plus prononcé que la Guinness. Quant à la Murphy’s, elle porte une teinte et une saveur caramélisées, un vrai capuccino de la cervoise. Que ces deux brasseries aient été acquises par la batave Heineken ne les empêche pas de garder leurs goûts distincts et de requérir un service dans les règles de l’art : une consistante couche de mousse, n’est-il pas ? 
(Non, non, ce n'est pas un couvercle de plastoc: c'est la couche de mousse!)
L’expérience esthétique complète passe en outre par un irish stew, un ragoût d’agneau aux pommes de terre et carottes, un pub à l’ancienne (avec alcôves si nécessaire. Ah bon!...) et un feu de tourbe ! Les plus timides préféreront les ales telles la Smithwick’s, ou les bières artisanales comme celles servies au Franciscan Well, sur North Quay, pub célèbre parmi les étudiants de University College Cork et du Cork Institute of Technology. Le whiskey a un autre public, différemment exigeant ; le Jameson, le Tullamore Dew et le Bushmills sont réputés, mais le comté de Cork peut exhiber le Midleton, breuvage subtil et populaire… jusqu’à ce qu’il ait été racheté par Jameson et pour devenir un whiskey de luxe, vieilli douze ans au minimum, vendu à 125€ la bouteille et 12€ le verre. Slainte ! (oui, santé! mais pas pour le porte-monnaie!)

Vue depuis l'hôtel Maldron : Sainte Anne, la girouette saumonnée, deux des quatre menteuses et le vieux cimetière hanté par les pigeons.

Quatre menteuses ?
Non, il ne s’agit pas de mettre en cause le franc-parler irlandais, surtout à « Cork la rebelle », mais de mentionner l’église anglicane Sainte-Anne de Shandon, célèbre par-delà son quartier et sa ville pour son clocher, son carillon, son saumon en girouette, et ses quatre horloges menteuses : pas une ne donne la même heure que sa voisine (ou n’a adopté Greenwich et d’autres parallèles comme référence). Il est possible de visiter l’édifice, d’allure sobre avec sa voûte en bois et ses vieux ouvrages imprimés exposés (dont une Bible en irlandais et un traité d’algèbre illuftré en françoif) ; les mélomanes, sinon les novices aidés de numéros et de substituts de partitions, peuvent monter dans ce clocher pour 2,5€ et carillonner divers airs tels Amazing Grace.
À proximité se trouvent l’hôtel Maldron, dont les chambres élégantes jouxtent le paisible cimetière de l’église, le théâtre Firkin Crane et un musée du beurre. Quartier à l’aspect multiculturel revendiqué (pubs à l’ancienne, épicerie lituanienne, coiffeur tanzanien, restaurant indien, galerie d’art underground et bureau d’un conseiller municipal Sinn Féin), Shandon illustre l’Irlande après la crise politico-économique, l’intervention du FMI et la visite de la reine d’Angleterre (j'ai lu qu'on la nommait Madame Windsor, pas sûr qu'elle apprécie!) : pas de nostalgie possible, mais un regard ironique et musical sur le présent.

À lire et à entendre :
_ Seamus Heaney, Death of a Naturalist, North, Human Chain ; prix Nobel de littérature 1995, le poète nord-irlandais montre depuis plus de quarante ans, dans une langue équivoque faussement dépouillée, que versifier est toujours un acte critique et d’actualité. Il peut être lu en V.O. chez Faber&Faber ou dans les rares traductions françaises chez Gallimard.
_ Rory Gallagher, Live in Europe ; natif de Cork, le grand ménestrel mérite d’être (re)découvert pour son blues aux aspérités celtiques, et son audible énergie scénique. 
Article écrit à quatre mains. Et relu à quatre z' yeux.

lundi 6 septembre 2010

Balade irlandaise

Même le grand Lamartine n'avait pu faire suspendre le temps !
Ni le vol d'ailleurs ...
La preuve : le jeune est parti!

A l'extrême gauche (!) c'est lui
Je le sais : j'y étais .
En raison des 20 + 10 kilogs de bagage qui pouvaient accompagner chaque voyageur, j'ai été conviée à aller découvrir Cork.
Enfin, découvrir c'est un bien grand mot ! Ma balade irlandaise a duré moins de 24 heures. Because c'était le dernier vol de l'année depuis Carcassonne, et, ce qui m'arrangeait, il ne coûtait que cinq euros. Oui, oui, vous avez bien lu !. Plus cinq euros de taxes, ce qui fait beaucoup en pourcentage évidemment ! 
C'est vrai que l'hôtesse a eu du mal à fermer la porte de la carlingue (mamma mia, c'était bien ma veine!) et que pour ces fameux cinq euros j'ai eu droit à deux fouilles corporelles et au refus de mon sac de cabine qui avait "oublié" d'enfermer le mini-dentifrice et le mini- shampoing dans un sac de congélation ... Mais enfin,on ne nous a pas demandé de pousser, comme pour "La petite diligence" de notre enfance.
  
Que dire de plus: à Cork-Airport, le chauffeur de taxi était chaleureux, et ses cheveux n'étaient pas roux. Pas de taches de rousseur non plus, il se prénommait Paul, et son accent disait pour lui qu'il était réellement irlandais .
Ah oui, il faisait beau. Si, si, il y avait un beau soleil. Paul a dit que nous l'avions apporté avec nous.
C'est vrai que dimanche matin, il n'a pas voulu rester et il est reparti avec moi. Je parle du soleil, pas de mon fils. Ni du chauffeur de taxi !

A Cork, nous avons eu le temps de faire un minimum de courses indispensables (un duvet, des cintres à vêtements, du papier toilettes...) et un maximum de ménage, ce qui n'était pas prévu dans le programme!

Et puis, visite de l'université U.C.C. au bord de la Lee (un fleuve, mais petit, le fleuve !).  Un "campus"  à l'anglo-saxonne, beaucoup de fleurs et beaucoup de pelouses, sur lesquelles on peut marcher . Un style "gothique français " (ah bon, t'es sûr?) .

(University College Cork - U.C.C.)


Ce sera désormais son lieu de vie. Pour l'année universitaire ! 

(Non, rien à voir avec l'abandon du Petit Poucet ...Quoique !...)
Dimanche, à l'aube, je suis repartie. L'avion a survolé l'embouchure de la Lee (oui, le même petit fleuve, mais - paraît-il- un des plus grands estuaires de... du monde?). C'était au dessus du port de Cobh: mon fils m'avait appris que ce fut la dernière escale du Titanic. Ce sont des choses qui font plaisir à savoir quand on voyage!

En France, le beau temps m'a permis de reconnaître La Rochelle, le pont et l'île de Ré.  
Et au dessus de Carcassonne, j'ai trouvé que vraiment, la nouvelle "coupe" des vignes, style bourguignon, faisait ressembler les parcelles viticoles à un beau patchwork géométrique de velours côtelé, velours mille raies, en dégradé de vert. So chic.

Ma voiture, au parking de l'aéroport, m'a présenté un coffre vide ... hormis les chaussures d'été laissées par notre émigrant. Mais dans la boite à gants, restaient aussi quelques Kleenex bien utiles...

et
(Les "tatanes" d'été n'ont pas voulu faire le voyage)
Et quoi encore? ...
Et bien, même si je me suis contentée de ne "faire" que le trajet jusqu'à Carcassonne et retour, le reste étant laissé aux soins de quelque professionnel (je crois), je suis revenue un tantinet fatiguée. Et ce soir, je ressemble encore un peu plus à Roger Lanzac, côté valises sous les yeux!