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mercredi 14 septembre 2011

Le voyage du Patrimoine, thème des journées du Patrimoine 2011

Il fait chaud à Sévérac le Château ...

" Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

" Là, sans me soucier des guerres d'Italie,
Du comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

" Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant,
Puisque je vois déjà s'enfler ma bedaine,

" Et hais tant le travail que, les yeux entr'ouverts,
Une main hors des draps,cher Baudoin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers."

Le poème s'intitule " Le paresseux".
Il est de Saint-Amant, toujours aussi méconnu. Mais cependant poète doué, inspiré et plein de verve,  qui finira bien un jour par se relever des assauts répétés et de la méchanceté de Boileau. ( Ca y est, j'ai fini de faire ma prof.

Le texte me paraît convenir tout à fait à ces jours d'automne, quand s'ouvre la chasse et que le lièvre s'apprête à finir en pâté (peut être!) ...
Il convient aussi à ces Journées Européennes du Patrimoine où notre association va présenter le voyage de Louis d'Arpajon, ambassadeur extraordinaire auprès de Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne (1648) .
Car "le bon gros Saint-Amansky"- l'expression est de l'intéressé lui même - rejoignit la reine à Varsovie et fit partie de sa cour pendant deux ans.

Les Amis du Château commenteront les expositions et offriront café, thé et douceurs habituelles.
Allez à  samedi, ou à dimanche. On se fera une petite bouffe...

lundi 23 novembre 2009

la carte figurée du sévéragues


«Le feu et le lieu, la baronnie de Sévérac le Château à la fin du Moyen-Age », tel est le titre de la thèse de Juliette Dumasy présentée en 2008 à l’Université Paris I.
Samedi 21 novembre, avec sobriété et talent, l’historienne sut nous proposer l’essentiel de la première partie de ses travaux (un pavé de 688 pages, dont une centaine d’annexes !...).
Le support de cette étude de l'habitat rural dispersé du Moyen-Age est la carte figurée du sévéragues ( document découvert dans les archives de l’Aveyron il y a quelques années seulement).

Pourquoi cette carte ?
A cette époque, en 1504, Rodez et Millau trouvaient que le fouage ( impôt levé sur chaque feu ou unité familiale) était mal réparti ; n'arrivant pas à faire triompher leur thèse devant la juridiction du Rouergue, ces villes assignent la baronnie de Sévérac le Château devant la Cour des Aides de Montpellier. L'objectif est de démontrer que Sévérac est riche, et doit payer le fouage en conséquence, ce qui diminuera d'autant leurs propres impôts !... les affreux jaloux !

Qui a dessiné cette carte ?
Faite sur commande pour servir de preuve dans ce contentieux fiscal, elle aurait été établie par un notaire de Millau (il a été rétribué pour ce travail).

Sur la carte, les villages et les hameaux ont été positionnés d’abord à partir des cours d’eau, et ensuite à partir des buttes ou sommets. Si les perspectives et les distances semblent parfois assez fantaisistes, en revanche, le nombre de maisons des hameaux est exact. Pour Sévérac, toutes les maisons n’ont évidemment pas été dessinées, mais le plan général nous paraît juste, puisqu’il peut se recouper assez facilement avec la structure urbaine confirmée, plus près de nous, par le cadastre napoléonien.

Cette carte figurée du sévéragues, fut étudiée par la jeune universitaire qui sut en extraire un certain nombre de types d’habitat : simple, composé, avec dépendance etc., et un certain nombre de types d’architectures ecclésiales : à clocher défensif, avec bouche à feu dans le mur, porte au sud, porte à l'ouest... le tout selon le lieu, dans la vallée ou sur les causses.
Des villages sont d’origine castrale (Sévérac…), d’autres d’origine ecclésiale (Lapanouse…), tandis que sur les causses, les chefs lieux de paroisse (Inos, Novis, Le Recoux…) sont des hameaux autour de l’église, mais pas des villages.

Une autre partie de cette étude s’articulait autour du compois de 1450, document original en ce sens qu’il a permis de faire le lien entre les surfaces cultivées et les moyens d’exploitation. Nous apprenons qu’avec deux paires de bœufs on cultive 20 sétérées soit environ 5 hectares, et que 66% des terres sont en culture bisannuelle (1 an de culture /1 an de repos).
A partir de cette époque également s’établissent les règles successorales de primogéniture, raison de la très forte stabilité des feux.

Dans la salle de la Société des Sciences Lettres et Arts de l' Aveyron, toutes les chaises étaient occupées et cette communication, relativement courte (45 minutes) mais dense, jamais ennuyeuse, réalisée avec l’aide d’un rétroprojecteur, a vraiment intéressé tous les auditeurs, sociétaires ou invités .
Pour ma part, je n'ai qu'un regret : le nombre restreint de sévéragais dans l’assistance. Nous étions sept !...

(La photo est extraite de la Revue du Rouergue)

mardi 18 août 2009

La Maison des Consuls

Comme tout anonyme dans la rue Amaury de Sévérac, la dame avançait la tête, le corps penché en avant (la porte est basse), zieutait l’horizon sur 180° et tentait : « Y a quelque chose à voir, ici ? ». Bien sûr ! La façade aux fenêtres à meneaux, les grilles forgées, les fines sculptures au-dessus du passage voûté, et l’inscription sur les banderoles rayées rouge et blanc «Maison des Consuls», tout indique que oui, il y a certainement quelque chose à voir là-dedans. Elle insiste encore : « Mais c’est quoi ? ». D’expérience, il vaut mieux alors lui couper la parole, l’inviter à franchir le seuil, et à descendre les marches. Avant le fatidique : « Y en aura pour longtemps ? »… Au secours ! Heureusement, il existe toujours des touristes ouverts, sympathiques et surtout curieux. Curieux d’apprendre quelque chose pendant les vacances, à condition que ce ne soit ni prétentieux ni soporifique. Reçu cinq sur cinq par l’Association des Amis du Château et du Patrimoine Sévéragais qui est l’âme de cette maison depuis 15 ans. Petite visite virtuelle…

Cette bâtisse de style Renaissance passe pour avoir été le lieu de réunion des consuls de la ville, les ancêtres de nos conseillers municipaux si on veut faire bref, mais en 1432 tout de même. Adossée à l’ancienne prison sur deux étages (dernière exécution publique en l’an 1778) et à proximité de l’ancien marché couvert, le Sestayral, elle occupe un emplacement de choix dans la cité médiévale, entre d’anciennes échoppes éparses et des maisons à escaliers turriculés. Aujourd’hui, la Maison des Consuls est un lieu d’expositions et de mémoire sur la vie à Sévérac-le-Château depuis le Moyen Âge (les familles de Sévérac puis d’Armagnac) jusqu’à l’époque la plus proche (le XXème siècle, qui a vu partir les dernières lauzes de la toiture du château, hélas…), en passant par le temps du seigneur Louis d’Arpajon (1590-1679), duc et pair du Royaume de France, soldat du Roi, mécène et bâtisseur. Ce sont précisément la généalogie et l’œuvre de Louis d’Arpajon qui sont accessibles dans la troisième salle du rez-de-chaussée : les portraits de sa famille regardent la maquette du château tel qu’il était au XVIIème siècle, maquette réalisée par deux architectes voici une dizaine d’années. Sévérac était le plus beau château du Rouergue… à l’époque. Tout visiteur bien accroché à la rampe d’escaliers hasardeux peut voir que la maison pluriséculaire est dotée de deux galeries Renaissance superposées au dessus de la Cour d’Honneur, rénovées depuis la conclusion du bail emphytéotique en 1994. Voici la belle Salle des Consuls. Jugez plutôt…

Les efforts en recherche et en nettoyage dans cette salle encore habitée par des lapins il y a quelques décades, ont permis de découvrir et de mettre en valeur un ancien plafond peint et une cheminée de gypseries. Certes, la présence de consuls médiévaux plus vrais que nature dans cette pièce aménagée dans un style XVIIème a de quoi surprendre, mais le passage du chaos des époques et des siècles semble avoir abouti sur un tableau cohérent (n’y aurait-il pas un sens de l’Histoire ?). En effet, plus loin sur la droite, une pièce fraîchement rénovée par l’association (plafond à la française et cheminée en tuf avec le blason de la ville) est le lieu d’expositions thématiques (les mesures d’Ancien Régime, la cuisine Renaissance…) renouvelées chaque année. En 2009, vous êtes invités à découvrir «de fil en aiguille, l’histoire du textile dans le sévéragais, et ailleurs».

Avant de franchir la porte de sortie, vous prendrez le temps de découvrir « La médecine au Moyen Âge ». On y apprend qu’en ce temps là, le praticien n’était payé que s’il guérissait le malade. Qui a dit : c’est une idée pour réduire le trou de la sécu ?.. Un diaporama présente en outre l'histoire de Sévérac dans l'histoire de France... dans la prison, en son, textes et images, le tout conçu et réalisé par un adhérent lui aussi entre 12 et 34 ! Ce texte a été écrit à quatre mains, pour ceux qui hésitent encore à se fatiguer sur les antiques calades (ça monte, c’est vrai), pour ceux qui pensent avoir tout vu et tout appris, un peu à tort, car le concret est irremplaçable en matière de vieux cailloux. Peut-être cet avant-goût tout électronique donnera-t-il à quelques surfeurs égarés l’envie de se rendre à Sévérac-le-Château… Crédit photos : A.Poujol Bibliographie conseillée : Alain Poujol et J.-P. H. Azéma, Sévérac le Château - Porte du Rouergue (2008) Abbé Julien, Histoire de Sévérac-le-Château (ancien épuisé, mais réédité) Dr J. Molinié, Sévérac-le-Château en Rouergue (ancien épuisé, mais réédité) Actes du colloque sur Louis d’Arpajon (2006), Société des Lettres de l’Aveyron

jeudi 6 août 2009

Randonner, mais pas raconter

Ce matin nous avions accepté l’invitation, déjà lancée à maintes reprises, pour une petite randonnée en pays sévéragais. Trois randonneurs et un chien.
Entre herbes sèches crissant sous les pattes (quatre pattes et six pieds !) et ciel bleu, d’un bleu, mais d’un bleu… enfin tout le monde a compris qu’il faisait beau temps. Ah, soufflait aussi un petit vent sympathique, ni frisquet ni fort. Bref, une belle journée et une belle balade sur le causse, et même sur la devèze… Et là, stop. Tout le reste est «secret défense» a dit le chef du groupe. Tout : le tapis de cardabelles (- et si j’écrivais son nom latin carline acaulis, pour tromper l’ennemi? non?- Non!), les cardabelles philippines, les mêmes mais accolées par deux, des siamoises quoi ! Non?- Non! Donc on ne parlera pas de la flore caussenarde qui est, on le sait, protégée.
Après l’ascension le long du petit bois, pause méritée pour une vue panoramique magnifique. À l’ouest, Sévérac et son château, au sud je ne sais pas trop (je ne m’en souviens pas ! «on dirait le Sud»), à l’est se devine à peine l’Observatoire du Mont Aigoual et vers le nord, le plateau de l’Aubrac. Ah l’Aubrac ! faudrait pas oublier d’y aller bientôt, en tout cas avant le 15 août, si on veut récolter le thé (calament), goûter les myrtilles et les framboises avant que les parisiens n’aient tout embarqué… Aïe ! aïe ! aïe !... J’ai compris. Les paysages ça va, on peut en parler, mais inutile de donner des idées de cueillette à ceux qui, hors saison, ne fréquentent que le rayon surgelé du supermarché de la ville… Bon, passons donc aussi sans s’arrêter ni disserter sur les coins à champignons, sur ceux où « barouillent » quelques bêtes à corne. Et finissons donc la boucle, en rouspétant contre cette censure locale.
Frustrée, je le suis. Mais tout d’un coup, je vois venir la revanche : devant nous, un abri de berger ! Non, pas une caselle, mais trois murs assez hauts et larges, assemblés de pierres sèches, comme trois rayons d’un même cercle. Et on m’explique que cette forme permettait au pâtre de se protéger du vent de quelque côté qu’il vienne, tout en gardant un œil sur son troupeau. C’est tellement beau, que ça, je ne le garderai pas pour moi ! Latitude et longitude sur demande.
Livres conseillés : ceux de randonneurs-écrivains hors pair R.L. Stevenson : Voyage avec un âne à travers les Cévennes Jacqueline de Romilly : Sur les chemins de Sainte Victoire