samedi 3 mars 2012

Trois jours à Roc-Amadour

" Les maisons sur le ruisseau, les églises sur les maisons, les rochers sur les églises, le château sur les rochers."  
      Tel est Rocamadour ou j'ai passé, séjour impromptu, trois jours début février et où la neige - qui n'est pas vraiment une habituée des lieux, et qui est tombée en abondance la dernière nuit - a failli m'empêcher de repartir.
      Le ruisseau, l'Alzou, était entièrement gelé.
     J'ai vu le grand escalier entièrement ... recouvert de neige et il m'a paru assez faisable de le descendre sur les fesses, à défaut de le gravir à genoux.
     Personne dans la rue principale. Certains diraient qu'il n'y avait pas un chat...

... seulement le chien d'Anne-Marie.

En saison, des milliers de touristes arpentent cette rue qui se faufile entre les portes des remparts. Je ne sais pas s'ils escaladent tous, à genoux, le grand escalier des pèlerins... j'en doute.  
- Et toi-même, l'as-tu fait ?
- Ben ... non, mais...
- Pas de mais, tu l'as monté à genoux, oui ou non ?
-  ...

Donc dès les beaux jours, beaucoup, beaucoup d'amadouriens - dont quelques célébrités cathodiques - dans LA rue (au singulier).
En hiver, ils sont trente cinq, paraît-il.
Lors de mon séjour, première semaine de février, je les ai presque tous rencontrés. Oui, oui. Récapitulons .
Anne-Marie, la seule restauratrice intra-muros qui arborait la pancarte "ouvert", son cuisinier, son serveur. Plus loin, l'artisan qui vend sa fabrication de gâteaux aux noix et les petits sachets de noisettes grillées et caramélisées - miam miam. Dans cette rue, c'est tout .
- Tu es sûre?
- Certaine. La preuve: j'ai chuté et personne n'est venu à mon aide .
- Mouais, si tu avais été plus jeune, peut-être...
- Grr..
En haut du grand escalier, la vieille dame et sa fille revenant des courses avec le fiston pilote du véhicule. Petit détail, j'ai aidé à porter la provision de bois.
- Avant ou après la chute?
Nous sommes à 7 . Continuons.  
Passons sous le Palais des Evêques, en tenant fermement la rampe. Magasins pour touristes fermés. En haut comme en bas du passage à degrés  ... personne.
Descendons, en tenant toujours la rampe, jusqu'à la crypte Saint Blaise... C'est pas complet, non, mais avec le prêtre, l'assistante et une religieuse qui ont bien l'air d'être du coin, nous arrivons à 10 .
Dans la chapelle où veille Notre Dame de Rocamadour, personne non plus. Mais pour préparer l'office de 11 heures, je croise le Père Ronan, curé du lieu. Nous voici à 11.

En mentionnant le jeune et dynamique Père Ronan, il me souvient d'avoir entrevu la "chapelle Ovalie", toute petite et à moitié troglo, où s'exposent des maillots de rugby. Ronan joue dans l'équipe locale.


Aucun hôtel ouvert en ce début février, le mois le plus court et le moins courtois du calendrier.
Dans les sanctuaires, un groupe de jeunes. Ils doivent loger dans l'ancienne hôtellerie à flanc de falaise. C'est un endroit où il ne faut pas craindre le vertige.



Et toi? Sous les ponts?

Ben moi, j'ai frappée à la porte du "Cantou", rue de la mercerie, où soeur Marie-Renée et Soeur Marie des Neiges (la bien nommée pour ces jours là) m'ont offert le gite et le réfectoire en self service. Le jour du départ, c'est René qui s'est chargé de conduire ma voiture pour lui faire dévaler la falaise et remonter ensuite vers l'Hospitalet . Onze et trois égale quatorze.  

Toujours des problèmes avec les chiffres. Il manque du monde.

Ah oui, j'ai aussi croisé un petit groupe qui se rendait avec les trois du Cantou à une réunion en mairie, pour la concrétisation du chemin de Saint Jacques. Un conseil municipal, ça fait du monde.
Le compte est bon .  

Alors c'est vrai qu'il faisait trés froid.
Même qu'une fougère, croisée dans le grand escalier, recroquevillait, elle aussi, ses doigts


Au Cantou c'est la chaleur qui régnait devant le feu de bois, le chat sur les genoux, autour de la table où l'on m'avait invitée à partager la soupe et d'autres bonnes choses. 
Dans la nuit, la porte s'est à nouveau ouverte pour accueillir des parisiens sans abri. Au matin, les parisiens envolés, la neige recouvrait les maisons, les églises, le rocher, le château. Tout quoi.
Et aussi ma voiture ! ... Le retour fut un chouia difficile. 

dimanche 12 février 2012

de l'amour et des huitres...

Je suis une râleuse. Demandez donc à mes proches, ils confirmeront !...
Chaque année, je roumègue contre ces prétendues fêtes de ceci ou de celà qui ne sont que des prétextes à faire tinter le tiroir-caisse.
Et voici donc qu'arrive la Saint Valentin ...
Mon maître vient d'apporter des huitres, pour me faire plaisir. Il sait que j'aime les huitres. Je les aime beaucoup, parfois à la folie, et en tous cas, je suis la seule - non pas à les ouvrir, je sais pas faire - mais à les déguster. C'est donc bien un cadeau pour moi. Exclusivement. Et j'en suis encore plus touchée.

Mais regardez donc l'emballage



Je sais bien qu'il est des activités fragiles, ou même sinistrées, qui ont besoin de soigner leur promotion pour vendre et assurer l'équilibre de la fin du mois. Mais je n'aime pas qu'on embrigade ainsi les sentiments.

Au fait, connaissez-vous Paul Géraldy, le poète des amoureux ? Le délicieux et léger poète que nos intellectuels et "fins lettrés"ont qualifié de mièvre ?
Il nous disait:
" On aime d'abord par hasard,
Par jeu, par curiosité,
Pour avoir dans un regard
Lu des possibilités."

Ces jours-ci,  je souhaite à quelqu'un que j'aime bien, et qui va s'engager dans la vie conjugale, d'avoir lu exactement les mêmes possibilités que son partenaire.

A lire:
Paul Géraldy (+1983) : "Toi et moi"


vendredi 13 janvier 2012

Comme un point sur un "i".

Nuit de pleine lune!...
Mais pas de crime dans le quartier. Du moins je n'en ai pas été informée!...


Non, non, y'avait pas de clocher jauni,
Mais c'était bien une nuit brune.

Avec le fil électrique du toit voisin,
Comme une corde à sauter,
Ou la cheminée du four à pain,
Comme nouveau bilboquet,

Elle jouait, notre amie la lune
Si, si. C'est comme on vous le dit.

jeudi 5 janvier 2012

Mon premier coup de g... de 2012


Un de mes hommes préférés m'a offert, pour Noël, deux superbes stylos bille .
D'une belle couleur rouge, bien rangés dans un étui métallique vert marqué d'un "Vespa" tout ce qu'il y a de plus transalpin .
Je les ador-r-re ...
- Tu adores quoi? ou qui?
- Ben, mes stylos... Mes hommes aussi...
Maintenant équipée d'outils performants, je vais pouvoir BIEN écrire.
Mais pour l'instant, c'est la lecture qui m'occupe.

Ah oui, la sécu m'a généreusement subventionnée, et donc pour Noël, j'ai également reçu des lunettes. Imitation écaille, de quoi  ressembler à Marcel Dassault, la calvitie (et le portefeuille) en moins ! 

Et donc je lis. Et je m'énerve chaque jour un peu plus. 
Avez-vous remarqué que toutes les revues féminines comportent des pages dont le verso est écrit - normal - et le recto entièrement consacré à de la publicité?. A ce stade, l'intérêt se trouve  mathématiquement divisé par deux. Sans compter qu'on peut se demander, en outre, à qui s'adressent ces publicités en temps de crise ... 
Mais ce qui me fait le plus râler, et c'est pas bon pour ma santé, c'est le vocabulaire!. 
Volontairement branché, qu'ils disent.
Si encore c'était mâtiné d'italien, la langue de l'amour, de la beauté !...
- Non?
- Et non! 
Petits morceaux choisis dans un "vieil" hebdomadaire français. Celui dont le titre peut se lire indifféremment de droite à gauche ou de gauche à droite.
On y parle de cover, alors que page de garde ou couverture aurait trés bien fait l'affaire. De bataille fashion, de fashionata (c'est quoi cette langue bâtarde?), d'atrocement cheap, de dressing de grand-mère,  de paletot vintage ( ça, ça doit me concerner directement!). J'apprends qu'un top frenchy serait un mannequin français à qui il arriverait de marcher sur la red carpet! ... N'en jetons plus. 

Ce vocabulaire qui invente des mots en serait presque ésotérique. Si j'osais, je dirais abscons.
Non, n'oses pas. On a compris.Tu auras un beau dictionnaire pour Noël 2012.
Et je ne parlerai pas aujourd'hui de grammaire, la soeur jumelle de vocabulaire, parce que ...
Non.Tu n'en parleras pas. 
A lire:
Les oeuvres d' Eric Orsenna.Toujours le mot précis.
  

dimanche 1 janvier 2012

Ca ira mieux le 2 janvier.

Tu parles de la planète?
- non, non ...

Il va y avoir de l’action… ça oui !
Mais peu de blé à moudre :
ils nous l’ont tous promis. 

Pourquoi, cette année, les traditionnels vœux sont-ils si difficiles à énoncer ?  C’est pourtant quand tout va mal, ou quand tout risque d’aller mal, qu’on ne peut que se souhaiter du meilleur ! 

Pourquoi ne rêvent-ils, tous, que d’en découdre ?
On dirait même qu’ils nous les souhaitent, ces ruines d’avenir : Cassandre aujourd’hui pour être chevalier blanc demain ?

Ils m’horripilent tous.

Je suis tentée de fermer les écoutilles. D’hiberner à nouveau.
Comme un ours. Pas un bisounours.
Comme l’ours bleu. Non, pas celui de Butagaz (au fait, ou-est-il passé celui-là qui accompagnait mes enfants jusqu’en salle d’opération ?)
L’ours bleu, la quête de Lynn Schooler, qui nous apprend que « la chance ne cesse de courir le monde, arrangeant l‘improbable, organisant l’impossible et réalisant les chimères.»

- Alors, ces vœux, ça vient ?
Oui, oui. T'as pas regardé la TV hier soir, toi !

Pour 2012,
Rien sans passion,
Rien sans toi,
Le retour en ma maison .

- Oui. Bien. Bien. Et en moins égoïste? 

Pour tous, en 2012,
La Paix avant toute chose,
La santé ; le travail pour occuper une partie de la journée, et une famille aimante pour le reste du temps.

Ces voeux, je vais - de ce pas - en charger les bras des rois mages de ma crèche. Faudra peut-être qu'ils se munissent d'une remorque !...


A relire :
"Le bonheur de ce monde" de Christophe Plantin. Même si la fin du sonnet peut ne pas plaire à tout le monde.

dimanche 23 octobre 2011

Avant d'hiberner

Yes, you can.... C'est le nom du régime qu'elle fait (Et oh! on va pas faire de la pub avec le nom exact tout de même!).
Ce qui est bien, c'est qu'il est à base de totale procrastination .
Oui, oui!. Chaque matin, c'est : " tu mangeras demain!"
Trés simple à mémoriser!
C'est à cet instant précis que la "dame" téléphone à sa copine, excitée comme une puce, pour lui claironner : " J'ai perdu deux kilogs", et l'autre de répondre : " Ne les cherche plus, ils sont chez moi!"

Et à part ça, quoi de neuf ? Peu de choses en vérité.

Un petit - tout petit - voyage à Ordino et à Llorts.
Un - encore plus petit - voyage à Perros-Guirec et Notre Dame de la Clarté à Ploumanac'h.


Puis, retour via les Deux Sèvres.
Alors là, je ne pouvais évidemment pas passer sans évoquer la figure de la " Tante Marie",  une soeur de mon arrière-grand-père, qui épousa un Ausépi de Parthenay et s'en fut vivre avec son mari.
La tradition familiale dit qu'elle passa trois mois entiers sans défaire ses malles, tellement le pays lui plaisait!... Une vraie publicité pour encourager le tourisme local ...
On ne parlait pas encore du "chabichou" local,  ni de la Dame du Poitou.
Allez, dépêchons-nous de rentrer à la maison, home, sweet-home, avant que n'arrive vraiment le temps de l'hibernation.

lundi 26 septembre 2011

Le voyage de Louis, duc d'Arpajon, seigneur de Sévérac, auprès de la Reine de Pologne

       Elle est née Marie-Louise de Gonzague, princesse de Mantoue, duchesse de Nevers. Aînée des trois filles de Charles de Gonzague, celui-là même qui fut secouru, dans sa lutte pour conserver son duché de Mantoue, par les troupes de Louis XIII et par Louis d’Arpajon (1631). La crainte que la France soit prise en tenaille entre les Habsbourg d’Autriche et les Habsbourg d’Espagne inspirait la politique de Richelieu.
        Elle inspirera également la politique de l’habile Mazarin.
        Il « utilisera » la nouvelle reine de Pologne pour soutenir la cause française, afin de conserver à la Pologne son rôle de régulateur européen.
Marie-Louise de Gonzague eut une jeunesse aventureuse, mais remplie de renoncement et de deuils.
        Elle put, un temps, croire qu’elle accèderait au trône de France.
Elle a dix-huit ans et inspire une folle passion à Gaston d’Orléans, qu’on appelle Monsieur, le frère du roi Louis XIII.
        Le roi Louis XIII n’a pas d’héritier.
        Monsieur, qui veut épouser Marie, pourrait bien être le prochain souverain … Oui, mais … Marie de Médicis veille.
        Elle ira jusqu’à faire emprisonner la duchesse de Nevers le temps que Monsieur oublie . La naissance tardive, et inespérée, du futur Louis XIV anéantira à jamais les rêves de grandeur de Marie.
        Moderne pour son époque, elle vécut une idylle enflammée avec le jeune Henri de Cinq - Mars, de dix ans son cadet. Cinq - Mars finira mal ; il conspire avec l’Espagne, et Lyon, en 1642, verra sa décollation…     
        Alfred de Vigny en fera tout un roman
        ... Et Charles Gounod, un opéra.
        On lui connaît également un amour malheureux avec Louis-François Potier, marquis de Gesvres. Amour malheureux, oui, car l’éconduit ira – nous dit-on - se faire tuer à Thionville. 
Un portrait de Marie-Louise de Gonzague nous la présente en habit de cérémonie, voilée, et arborant côté cœur un sinistre emblème : une tête de mort…
        …mais Marie vieillit … Elle a trente trois ans quand elle accepte d’épouser le « vieux » roi de Pologne – Ladislas a atteint la cinquantaine, il est veuf et il est malade.
L’ambitieuse Marie reprend le dessus.
        Elle avoue : «  Ce n’est pas un homme que j‘épouse, c’est une couronne ».
        Louise-Marie est « préparée » pour ce rôle. La reine –mère souhaite la marier « comme une fille de France » et la dot sera d’importance : 700.000 écus ! …Même si ce madré de Mazarin en retire le prix de la bague de fiançailles, qu’il a dû avancer !
        Le contrat de mariage est signé à Fontainebleau , et le mariage lui-même est célébré à Paris, le roi Ladislas étant représenté par Gérard d’Enhof, Palatin de Poméranie.
        Le 27 novembre 1645, le cortège de la nouvelle reine de Pologne prend la route pour Varsovie où il arrivera le 11 mars 1646. Rude voyage au cœur de l’hiver, jours courts, sombres et humides, contrées glaciales, pas toujours hospitalières… 
        Ecoutons Adam Billaut, le poète nivernais, le « Virgile du rabot »:
«  Je vous remontrerai que ce climat barbare
Est indigne de voir une beauté si rare.
Que ce n’est qu’à regret que le soleil y luit,
Que le plus beau des jours y vaut moins que la nuit
Et qu’une simple fleur que la France nous donne
Vaut mieux que tout l’éclat brillant sur sa couronne. » 
        Pas très enthousiaste notre Maître Adam … Sûrement assez frustré de ne pas faire partie du voyage, et peut-être de perdre une source importante pour ses « pécunes ». 
        Louise - Marie installée sur le trône de Pologne se révèlera une reine soucieuse de ses nouvelles responsabilités.
        Un peu trop « tendance polonaise » cependant, selon Mazarin.
        Ce sera le facteur déclencheur de l’ambassade extraordinaire confiée à Louis d’Arpajon, avec un objectif (non officiel) : ranimer la fibre française de la nouvelle reine pour servir les intérêts politiques de la France. 
Louis d’Arpajon quitte Paris le 26 mars 1648.
Le 28 mai 1648, la petite troupe est à Dantzig. On y apprend la mort du roi Ladislas IV, décédé huit jours plus tôt.
Qu’importe - ou plutôt il importe beaucoup - l’ambassadeur extraordinaire poursuit sa route. 
Le Roi est mort, vive le Roi.
        La Pologne est une monarchie élective. Et Mazarin aimerait bien que la Diète polonaise élise un roi francophile
        Grâce à l’entremise de nos Français, Arpajon en tête, grâce aussi certainement à la promesse d’alimenter un trésor royal polonais peu brillant, le frère du roi défunt, ancien cardinal relevé de ses vœux, Jean Casimir, est élu.
        On lui accorde encore la dispense nécessaire pour épouser Louise-Marie, la veuve de son frère.
        Mazarin est satisfait.
        Louise- Marie aussi, qui retrouve son trône. 
        Elle retrouve pareillement toute son influence car, Jean Casimir se laissera mener par Louise-Marie « comme un éléphant par son petit Ethiopien ».
        Le nouveau pays de Louise-Marie connaîtra bien des évènements dramatiques, des révoltes, des batailles. Après des invasions successives, que les polonais appelèrent « le Déluge », la Pologne devra se reconstruire.
Du travail pour Louise-Marie…
        Ebranlée par les épreuves, la reine meurt à Varsovie le 9 mai 1667.
        Jean Casimir, très affecté, ne peut surmonter ce deuil, il abdique le 16 septembre 1668 et gagne la France.
        Il meurt à Nevers le 12 septembre 1672.
        Son cœur sera placé dans un mausolée de l’église de Saint Germain des Prés à Paris.

mercredi 14 septembre 2011

Le voyage du Patrimoine, thème des journées du Patrimoine 2011

Il fait chaud à Sévérac le Château ...

" Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

" Là, sans me soucier des guerres d'Italie,
Du comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

" Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant,
Puisque je vois déjà s'enfler ma bedaine,

" Et hais tant le travail que, les yeux entr'ouverts,
Une main hors des draps,cher Baudoin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers."

Le poème s'intitule " Le paresseux".
Il est de Saint-Amant, toujours aussi méconnu. Mais cependant poète doué, inspiré et plein de verve,  qui finira bien un jour par se relever des assauts répétés et de la méchanceté de Boileau. ( Ca y est, j'ai fini de faire ma prof.

Le texte me paraît convenir tout à fait à ces jours d'automne, quand s'ouvre la chasse et que le lièvre s'apprête à finir en pâté (peut être!) ...
Il convient aussi à ces Journées Européennes du Patrimoine où notre association va présenter le voyage de Louis d'Arpajon, ambassadeur extraordinaire auprès de Louise-Marie de Gonzague, reine de Pologne (1648) .
Car "le bon gros Saint-Amansky"- l'expression est de l'intéressé lui même - rejoignit la reine à Varsovie et fit partie de sa cour pendant deux ans.

Les Amis du Château commenteront les expositions et offriront café, thé et douceurs habituelles.
Allez à  samedi, ou à dimanche. On se fera une petite bouffe...

lundi 29 août 2011

J'avais rendez-vous ...

Cet été, j'avais rendez-vous avec ...

 César "en civil" - musée d'Arles 24 août 2011.
... celui-ci, il y a longtemps qu'il m'attendait!

Et les  sarcophages du musée également ... 
" Dans Arle, où sont les Aliscams,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
     Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses,
Lorsque tu sens battre sans cause
    Ton coeur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas, si c'est d'amour,
    Au bord des tombes."

( Merci à Paul-Jean Toulet)

mercredi 17 août 2011

Avant-hier, Le Pin

Joliment chapeautées, d'une mode intemporelle, les demoiselles du Pin:
- au premier rang, Jeannette Renoux et Annette Escande
- au second rang, Claire Miquel, Roseline Jalabert-Lognos et Delphine Mosca.
Quelle année?

dimanche 17 juillet 2011

Des brunes, des rousses et des quatre menteuses!

Il est question d’un bref séjour, trois jours et demi exactement, en Hibernie, et plus précisément… dans un palud ! Erudits de passage, apprenez que Cork, deuxième ville de République d’Irlande et troisième ville de l’île, vient de Corcaigh, qui signifie ‘marécage’ en gaélique irlandais. Fondée par des moines, la cité grouille effectivement de couleurs et d’activités.
S’y rendre nécessite un billet d’avion (trouvable en été depuis Carcassonne avec Ryan Air), un bon traducteur (en chair et en os, faute d’encre et de papier), une certaine dose de patience pour saisir le vif et chantant accent local (« Hay, so ye ar’ lookin’ for Patrick’s Street n’all de shops, I can bring ye dere meself if ye wan’. »), des yeux supportant la pluie fine et un palais de bonne humeur.
Des brunes et des rousses ?
Non, il ne s’agit pas seulement des jolies irlandaises aux cheveux cannelle, mais surtout de breuvages mousseux. La Guinness étant dublinoise, il est préférable de s’adonner aux bières brunes du Munster, à savoir la Beamish et la Murphy’s. La brasserie principale (apparemment fermée en ce moment) de la première jouxte le cours de la Lee ; ses propriétaires ayant contribué à l’édification de l’actuelle cathédrale Saint-Finbarr (Eglise d’Irlande, communion anglicane) sur la rive sud.

La brasserie côté recto...


... la même côté verso !

Cette stout est reconnue pour son goût amer plus prononcé que la Guinness. Quant à la Murphy’s, elle porte une teinte et une saveur caramélisées, un vrai capuccino de la cervoise. Que ces deux brasseries aient été acquises par la batave Heineken ne les empêche pas de garder leurs goûts distincts et de requérir un service dans les règles de l’art : une consistante couche de mousse, n’est-il pas ? 
(Non, non, ce n'est pas un couvercle de plastoc: c'est la couche de mousse!)
L’expérience esthétique complète passe en outre par un irish stew, un ragoût d’agneau aux pommes de terre et carottes, un pub à l’ancienne (avec alcôves si nécessaire. Ah bon!...) et un feu de tourbe ! Les plus timides préféreront les ales telles la Smithwick’s, ou les bières artisanales comme celles servies au Franciscan Well, sur North Quay, pub célèbre parmi les étudiants de University College Cork et du Cork Institute of Technology. Le whiskey a un autre public, différemment exigeant ; le Jameson, le Tullamore Dew et le Bushmills sont réputés, mais le comté de Cork peut exhiber le Midleton, breuvage subtil et populaire… jusqu’à ce qu’il ait été racheté par Jameson et pour devenir un whiskey de luxe, vieilli douze ans au minimum, vendu à 125€ la bouteille et 12€ le verre. Slainte ! (oui, santé! mais pas pour le porte-monnaie!)

Vue depuis l'hôtel Maldron : Sainte Anne, la girouette saumonnée, deux des quatre menteuses et le vieux cimetière hanté par les pigeons.

Quatre menteuses ?
Non, il ne s’agit pas de mettre en cause le franc-parler irlandais, surtout à « Cork la rebelle », mais de mentionner l’église anglicane Sainte-Anne de Shandon, célèbre par-delà son quartier et sa ville pour son clocher, son carillon, son saumon en girouette, et ses quatre horloges menteuses : pas une ne donne la même heure que sa voisine (ou n’a adopté Greenwich et d’autres parallèles comme référence). Il est possible de visiter l’édifice, d’allure sobre avec sa voûte en bois et ses vieux ouvrages imprimés exposés (dont une Bible en irlandais et un traité d’algèbre illuftré en françoif) ; les mélomanes, sinon les novices aidés de numéros et de substituts de partitions, peuvent monter dans ce clocher pour 2,5€ et carillonner divers airs tels Amazing Grace.
À proximité se trouvent l’hôtel Maldron, dont les chambres élégantes jouxtent le paisible cimetière de l’église, le théâtre Firkin Crane et un musée du beurre. Quartier à l’aspect multiculturel revendiqué (pubs à l’ancienne, épicerie lituanienne, coiffeur tanzanien, restaurant indien, galerie d’art underground et bureau d’un conseiller municipal Sinn Féin), Shandon illustre l’Irlande après la crise politico-économique, l’intervention du FMI et la visite de la reine d’Angleterre (j'ai lu qu'on la nommait Madame Windsor, pas sûr qu'elle apprécie!) : pas de nostalgie possible, mais un regard ironique et musical sur le présent.

À lire et à entendre :
_ Seamus Heaney, Death of a Naturalist, North, Human Chain ; prix Nobel de littérature 1995, le poète nord-irlandais montre depuis plus de quarante ans, dans une langue équivoque faussement dépouillée, que versifier est toujours un acte critique et d’actualité. Il peut être lu en V.O. chez Faber&Faber ou dans les rares traductions françaises chez Gallimard.
_ Rory Gallagher, Live in Europe ; natif de Cork, le grand ménestrel mérite d’être (re)découvert pour son blues aux aspérités celtiques, et son audible énergie scénique. 
Article écrit à quatre mains. Et relu à quatre z' yeux.

lundi 27 juin 2011

Valises irlandaises : mode d'emploi.

Et oui, avec la fin de l'année universitaire vient l'angoisse des résultats, pour l'étudiant, et celle du déménagement et des valises, pour l'étudiant et ses parents.
Côté résultats, c'est toujours "Anne, ma soeur Anne ..." etc.etc.
Mais côté des valises, on peut vous en parler!.
Les parents et Ryanair ont fait Carcassonne - Cork sans problème .  Les mêmes ont fait Cork - Carcassonne ... avec plus de difficultés.
- Et pourquoi donc ma p'tite dame ?... - Parce qu'il a fallu "racheter" du bagage-soute, 70 kg en tout . 
La répartition entre les différents contenants donna lieu à moultes manipulations, Ryanair n'acceptant pas les compensations .
- Oui, ma p'tite dame 2 fois 15 kg, ce n'est pas une fois 10 et une fois 20. 
Avec une petite précision que mon anglais trés "scolaire" a cependant vite captée : l'excédent découvert lors de l'enregistrement se paye 20 euros le kilo ! Y avait intérêt - c'est le mot exact - à se servir des variables d'ajustement.
A l'hôtel, le personnel sut avec beaucoup de compréhension (pas la compréhension linguistique!) nous ouvrir tard le soir, les portes de l'espace-forme, afin que chacun de nos bagages grimpe sur la balance, celle qui pèse habituellement les beaux athlètes ...
Les valises faites et refaites, puis bouclées, il fallut s'occuper des deux voyageurs. Les variables d'ajustement, c'était nous!... Pour débarquer à Carcassonne avec un petit 30° Celsius (à l'ombre?), nous avions un look d'enfer :  col roulé grosse laine, veste plus manteau d'hiver pour le maître. Quant à l'autre passager ce n'était guère mieux : deux pantalons l'un sur l'autre, les deux sur la bête, avec un livre de poche dans ... chaque poche!
La voiture qui attendait au parking a servi de "dressing". Vite, vite, avant que la chaleur reflétée par le béton de la piste ne nous étourdisse.
Bon, ça y est, on est rentré à la maison. Les valises aussi. Il y a de tout partout. Le hall et les escaliers ont pris un petit air de Lampedusa!
Mais qu'est ce qu'on est contents!
Enfin, non, on était content. A midi, coup de fil en provenance d' Irlande: encore trop de bouquins à rapatrier, et les livres ça pèse!