Aucune intention ni prétention politique, billets d'humeur(s) totalement libres, hebdomadaires( sauf accident, vacances, hibernation..) Champ d'application : culture, patrimoine(s), mon paìs (entre 12 et 34)...
jeudi 1 octobre 2009
J'aime pas Marcel.
vendredi 18 septembre 2009
Je veux re-lire !
Et pourtant ! Combien j’ai aimé lire ! Combien de fois un livre m’a écartée de la tristesse ambiante, m’a sauvée tout simplement. Tout ce qui était imprimé était pour moi. Pas encore dix ans, allongée entre les deux grandes planches de la lingerie du Belleville où Jacqueline me tolérait, un livre entre les mains et j’échappais pour de longues heures à ce morne quotidien.
Ce que je lisais ? Tout, mais vraiment tout. Ce que me prêtaient les protégés de Monsieur Massis, et aussi les illustrés, car on ne parlait pas encore de B.D. C’est à cette période que je suis devenue tintinophile pour le restant de mes jours … et vaccinée à tout jamais contre les autres qui tentèrent de détrôner la bande à Milou: jamais pu digérer Gaston Lagaffe… Depuis, j’ai vécu grâce au stock de jurons du Capitaine Haddock : c’était l’époque où l’on pouvait traiter son adversaire de moule à gaufre, de marin d’eau douce ou de bachi-bouzouk (mon préféré) sans risquer le prétoire, côté accusé. J’aurais aimé interroger un homme : «La barbe ?... Dessus ou dessous le drap ?» …Et le professeur Tournesol ! …J’ai découvert par la suite que deux authentiques savants avaient servi de modèle, si l’on peut dire, à mon cher Tryphon : le suisse Piccard qui explora la verticalité, celle du ciel et celle des profondeurs marines, et le français Rocard, le père de notre Michel, oui, oui. Dénominateur commun : tous un peu dur de la feuille.
A Font-Romeu, lire c’était s’évader. Mon ancien instituteur, Emile Bonnet, m’envoya son livre Une drôle d’absence avec ces mots si vrais : « je te dédie ce livre, toi qui fus si longtemps prisonnière, bien que dans d’autres conditions… » Plus tard, à Saint-Pons, dans le noir et le silence du dortoir, c’est à la lampe électrique et sous les couvertures que je dévorais, des nuits entières, des livres connus ou pas, des livres recommandés … et d’autres qui l’étaient moins. C’est grâce à la tribu des Whiteoak de Jalna, à Hercule Poirot (et aussi à Wonder !) que l’interne a pu survivre aux rosseries des surveillants, petits kapos, sous le règne des Dupy. Tout cela au risque de se faire prendre et de se faire coller, ce qui arriva très souvent. Oui, en ces temps là on était puni parce qu’on aimait lire !
A la maison, il n’y avait qu’un livre. Oui, vous avez bien lu : UN, un seul livre. Son titre ? Les Arabes, par le docteur Gustave Lebon. Je possède encore cet ouvrage, magnifiquement relié d’un cuir sombre, doré et travaillé comme un plafond andalou. Je n’ai jamais su comment Les Arabes étaient arrivés chez l’arrière grand-père, charpentier de son état!…
J’ai bien une petite idée .
L’arrière grand-père, m’a- t-on dit, avait parfois du mal à se faire payer, et certains biens qu’on penserait être « de famille » semblent avoir été acquis à l’aide d’un système qu’on pourrait qualifier de troc de nécessité. Le tombeau «de famille»? Construit par un maçon débiteur. L’ancienne et lourde porte d’entrée de la maison ? Fournie par un débiteur … qui avait une porte en trop, je suppose. Et donc, notre livre a peut-être été l’objet d’un identique marchandage. Deuxième indice : il y a aussi dans cette même maison, une table de toilette dont je connais l’origine ! … Il était une fois un fils de bonne famille qui faisait, à Montpellier, des études de droit et, en même temps, de médecine, le pôvre ! Mais si, mais si, c’était possible en ce temps-là !... Il a d’ailleurs exercé comme médecin du lieu, et non comme avocat. Quoiqu’il en soit, sans doute soucieux avant l’heure du maintien d’un certain équilibre vital, le carabin menait de pair les études et… la fête. Pour financer cette double vie, en évitant de trop solliciter la famille, et bien il vendait, de ci, de là, quelques objets ! Dont la table de toilette. Et pourquoi pas le livre? Elémentaire, mon cher Watson !...
Donc à l’ostal, pas de livre, ou si peu. Et pas de conditions franchement idéales pour s’adonner à la lecture : il avait été décidé, une bonne fois pour toutes, que la lumière c’était cher, et que « dix bougies » c’était bien suffisant pour se déshabiller et se mettre au lit. Et au lit, on dort. Alors, même à la maison, pour lire je me cachais ! Un mien cousin allait lire, lui, au milieu des pins de Caville. Mais il a fait carrière, lui, pas moi !
Des livres préférés ? Côté aventures, c’est sans discussion possible Malevil qui est en tête de mon hit-parade personnel (mais combien m’a déçue le film !). Tintin, lui, est hors concours bien sûr ! Et pour le reste, j’aime surtout la poésie. Je sais, je sais, ce n’est pas «tendance», mais Baudelaire vaut pour moi tous les auteurs «nominés» (horreur !), couronnés, par ces fameux prix d’automne distribués à la tête … de la maison d’édition.
Enfin, parlant d’expérience, aux dix droits imprescriptibles du lecteur énoncés par Daniel Pennac, j’en ajouterais un onzième : le droit de lire la dernière page pour connaître la fin de l’histoire avant l’heure.
Les livres-remèdes qui me font du bien :
R. Merle : Malevil
Loup Durand : Daddy
T. Sertillanges : La vie quotidienne à Moulinsart
Les anthologies de la poésie : celle de G. Pompidou (l’introduction du Président est à déguster sans modération) et aussi J. d’Ormesson Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu , difficile de répondre, mais les yeux bleu porcelaine de d’Ormesson, c’est, c’est…le remède plus le médecin !
vendredi 4 septembre 2009
Conques et Gironde
Et pour terminer cette escapade estivale, continuez-donc à descendre la vallée, par Grand Vabre, jusqu’au château de Gironde, sa petite chapelle et le magnifique point de vue sur la rivière Lot. Ici repose un ancien député de l’Aveyron, dont le vœu de passer son éternité dans ce lieu fabuleusement frais a été exaucé. Georges Brassens, lui, n’a pas su faire !...
mardi 25 août 2009
"v" comme vendange... et comme voleur.
De bons souvenirs, il en reste aussi. La pause du casse-croûte du matin quand les travailleurs espagnols mordaient dans un grand morceau de pain, de flûte (on ne parlait pas alors de baguette!) frotté avec un ail, arrosé d’huile d’olive, garni de tomate, d’oignons, et d’une arencade, le tout composant un assortiment coloré, qui empestait l’haleine du vendangeur, mais qui, ma foi, serait bien à la mode de nos jours, presque du régime crétois. Le grand-père, lui, préférait le pâté «Géo» dont la boite de métal s’ouvrait à l’aide d’une improbable et minuscule clef …
Souvenir aussi que la dégustation gourmande dans quelque vieille vigne, des « raisins bons » dont les ceps avaient été volontairement disséminés, cachés, par le propriétaire lors de la plantation de sa parcelle, parmi les souches à vin. Comme ils étaient appréciés ces raisins oubliés, gorgés de soleil, grains ponctués de taches de rousseur, d’une couleur presque marron tant ils étaient saturés de sucres. Dans la «baraque» en bordure de la parcelle, des raisins pendaient au plafond de bois, suspendus à des fils de fer. Etendage censé défier l’agilité des rongeurs. Lors des travaux d’hiver, le podaire pouvait se nourrir encore au sucre des fruits de sa vigne. Parfois, c’était un chasseur, ou un braconnier solitaire, qui poussait les planches de la vieille porte jamais fermée et prélevait là son dessert, mais parfois aussi les rats avaient dévoré les grains, et seuls des squelettes de grappes pendaient tristement aux fils.
Triste, c’est moi qui le fus, le jour où j’ai découvert que devant ma baraque de vigne manquaient à l’appel la grande table et les trois «poufs» qui avaient connu la plupart de nos déjeuners (du matin) et dîners (de midi) pendant les vendanges. Ce n’était pas un vulgaire chercheur de champignons qui avait commis ce larcin, car la salle à manger de plein air était de pierre. La table, d’une bonne vingtaine de centimètres d’épaisseur et de plus d’un mètre de large avait certainement nécessité autre chose qu’un panier en osier pour déménager ! Un voisin suggéra alors quelques «pistes» qui menaient, pour la plupart, à des résidences (principales) du coin… La colère n’est pas bonne conseillère, on le sait. Me vinrent alors des idées de vengeance terrible, de celles qui auraient pu me faire côtoyer les longues robes noires. La préméditation, ça coûte cher d’habitude. Alors, j’ai laissé passer.
Mais si je ne suis pas méchante, je ne suis pas amnésique non plus.
Donc, chers amis, si par une belle soirée d’été, vous êtes invités à prendre l’apéritif autour d’une grande table de pierre, enquerrez-vous donc _innocemment_ du pedigree de ladite table. Et, selon le cas, au rapport, fissa.
mardi 18 août 2009
La Maison des Consuls
Cette bâtisse de style Renaissance passe pour avoir été le lieu de réunion des consuls de la ville, les ancêtres de nos conseillers municipaux si on veut faire bref, mais en 1432 tout de même. Adossée à l’ancienne prison sur deux étages (dernière exécution publique en l’an 1778) et à proximité de l’ancien marché couvert, le Sestayral, elle occupe un emplacement de choix dans la cité médiévale, entre d’anciennes échoppes éparses et des maisons à escaliers turriculés. Aujourd’hui, la Maison des Consuls est un lieu d’expositions et de mémoire sur la vie à Sévérac-le-Château depuis le Moyen Âge (les familles de Sévérac puis d’Armagnac) jusqu’à l’époque la plus proche (le XXème siècle, qui a vu partir les dernières lauzes de la toiture du château, hélas…), en passant par le temps du seigneur Louis d’Arpajon (1590-1679), duc et pair du Royaume de France, soldat du Roi, mécène et bâtisseur. Ce sont précisément la généalogie et l’œuvre de Louis d’Arpajon qui sont accessibles dans la troisième salle du rez-de-chaussée : les portraits de sa famille regardent la maquette du château tel qu’il était au XVIIème siècle, maquette réalisée par deux architectes voici une dizaine d’années. Sévérac était le plus beau château du Rouergue… à l’époque. Tout visiteur bien accroché à la rampe d’escaliers hasardeux peut voir que la maison pluriséculaire est dotée de deux galeries Renaissance superposées au dessus de la Cour d’Honneur, rénovées depuis la conclusion du bail emphytéotique en 1994. Voici la belle Salle des Consuls. Jugez plutôt…
Les efforts en recherche et en nettoyage dans cette salle encore habitée par des lapins il y a quelques décades, ont permis de découvrir et de mettre en valeur un ancien plafond peint et une cheminée de gypseries. Certes, la présence de consuls médiévaux plus vrais que nature dans cette pièce aménagée dans un style XVIIème a de quoi surprendre, mais le passage du chaos des époques et des siècles semble avoir abouti sur un tableau cohérent (n’y aurait-il pas un sens de l’Histoire ?). En effet, plus loin sur la droite, une pièce fraîchement rénovée par l’association (plafond à la française et cheminée en tuf avec le blason de la ville) est le lieu d’expositions thématiques (les mesures d’Ancien Régime, la cuisine Renaissance…) renouvelées chaque année. En 2009, vous êtes invités à découvrir «de fil en aiguille, l’histoire du textile dans le sévéragais, et ailleurs».
Avant de franchir la porte de sortie, vous prendrez le temps de découvrir « La médecine au Moyen Âge ». On y apprend qu’en ce temps là, le praticien n’était payé que s’il guérissait le malade. Qui a dit : c’est une idée pour réduire le trou de la sécu ?.. Un diaporama présente en outre l'histoire de Sévérac dans l'histoire de France... dans la prison, en son, textes et images, le tout conçu et réalisé par un adhérent lui aussi entre 12 et 34 ! Ce texte a été écrit à quatre mains, pour ceux qui hésitent encore à se fatiguer sur les antiques calades (ça monte, c’est vrai), pour ceux qui pensent avoir tout vu et tout appris, un peu à tort, car le concret est irremplaçable en matière de vieux cailloux. Peut-être cet avant-goût tout électronique donnera-t-il à quelques surfeurs égarés l’envie de se rendre à Sévérac-le-Château… Crédit photos : A.Poujol Bibliographie conseillée : Alain Poujol et J.-P. H. Azéma, Sévérac le Château - Porte du Rouergue (2008) Abbé Julien, Histoire de Sévérac-le-Château (ancien épuisé, mais réédité) Dr J. Molinié, Sévérac-le-Château en Rouergue (ancien épuisé, mais réédité) Actes du colloque sur Louis d’Arpajon (2006), Société des Lettres de l’Aveyron
jeudi 13 août 2009
L'ami Louis
J’aimais bien Louis, il avait l’art de traduire clairement, abruptement même, ses convictions en peu de mots et phrases. Je me souviens l’avoir souvent entendu dire, dans une espèce de francitan que dans la vie, il y avait los apérich… et los autras. La dernière partie de la sentence était suivie d’un mouvement du menton désignant quelqu’un de son proche entourage ! En substance et en français : il y a ceux qui sont éveillés, clairvoyants, dégourdis, voire malins… et puis il y a les autres, les pas dégourdis etc. Pas très flatteur pour celui qui était ainsi désigné. Témoin de cette scène, qui se répéta à plusieurs reprises, je crois avoir compris qu’il s’agissait d’une «petite vengeance». Je m’explique. Vieux garçon, Louis avait donné son bien «à fonds perdu», comme ils disent là-bas, à la fille unique de son frère. L’oncle s’entendait bien avec sa nièce et le respect qu’elle lui témoignait allait de pair avec une réelle affection souvent teintée d’ironie. Mais il n’en était pas du tout pareil avec le neveu par alliance, le mari de la nièce. Et chaque jour de ces vendanges «culturelles» qui donnaient un public à Louis était l’occasion d’autant de piques plus ou moins acérées mais toutes pointées dans la même direction … suivez mon regard !
Ce n’était cependant pas un psychodrame familial, loin de là. Louis était intelligent, fin et parfois même finaud ; il avait le don de l’épopée, sachant comme personne conter une histoire, un fait-divers, une anecdote. Au milieu des ceps de vigne, il interrompait son travail pour déclamer, au bénéfice de qui voulait l’entendre, et en alexandrins s’il vous plaît, tel ou tel évènement survenu dans son village.
Mais l’épopée n’était visiblement pas la tasse de thé du neveu, fonctionnaire de son état, viticulteur les week-ends et jours de grève.
Dans ce groupe familial un peu particulier, à l’époque des vendanges, l’originalité régnait. Il y avait des réflexions, des comportements étonnants, en tout cas pas très scientifiques. Depuis plusieurs années déjà, sous l’impulsion des jeunes, la mécanisation et les nouvelles pratiques agricoles s’étaient invitées dans les vignes : les raisins coupés par los vendemiaires et mis dans les seaux, étaient versés dans la benne attelée au tracteur, la benne emplie était amenée à la cave coopérative, cependant qu’un deuxième conteneur prenait place au milieu de la colle. À la cave coopérative le chargement était pesé, en poids et en degré, et un ticket remis au viticulteur en faisait foi. Rien de bien compliqué jusque là ; tout le monde comprend. Mais, apparemment, les outils de la comprenette ne fonctionnaient pas tout à fait pareil au sein de la famille de l’exploitant. Revenu dans la vigne, remorque vidée, le tractoriste était assailli de questions. Le poids et le degré, ils voulaient tout savoir. Et là, c’était le pompon!
Suivaient alors de savantes statistiques : cette vigne, en 1960, en 1968, combien ? (sous-entendu, combien de comportes), pas plus ? Ah bon ? Oui mais ça pesait ! (ici, unité de degré d’alcool, faut suivre !)
Je me souviens encore de la façon très particulière selon laquelle, parfois, s’organisait la récolte. C’était le cas pour une petite parcelle, affligée d’une forme qui ne s’apparentait ni au carré, ni au losange, ni au cercle, enfin à rien de géométriquement connu. Louis se mettait à la manœuvre et dirigeait l’attaque, de front côté large, puis en long, et enfin «on va l’essayer de galis ! ».
Donc, si vous m’avez bien suivie jusque là, vous avez compris que ces vendanges faisaient réviser aussi bien l’histoire que les mathématiques, spécialité calcul mental, les statistiques et la géométrie. Cependant, les étudiants ne s’y bousculaient pas... C’était il y a presque trente ans. Louis n’est plus.
À Dieu, l’ami.
Un livre ?
Jean Claude Carrière : Le vin bourru
jeudi 6 août 2009
Randonner, mais pas raconter
Livres conseillés : ceux de randonneurs-écrivains hors pair
R.L. Stevenson : Voyage avec un âne à travers les Cévennes
Jacqueline de Romilly : Sur les chemins de Sainte Victoiredimanche 2 août 2009
Un pays, une terre, un homme et un vin
samedi 1 août 2009
Le Moulin du Rédounel
« Ce sont les lapins qui ont été étonnés !... Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte fermée, les murs et la plate-forme du moulin envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte … » .
Pas tout à fait.
Ce 30 juillet 2009, les « Amis de La Couvertoirade » étaient en fête… Et pour cause ! Une belle page d’histoire locale s’écrivait en direct. Il était une fois un vieux moulin… vieux et mutilé : plus d’ailes, une base de pierres tronquée à la n’importe comment, pas arasée, non, déchiquetée, ouverte aux quatre vents – c’est le cas de le dire. Depuis des lustres, il ne ponctuait plus l’horizon de ce coin de Larzac : il se laissait à peine deviner. Il dominait encore le paysage du causse, mais sans attirer le regard ; il faut préciser _à sa décharge_ que le beau village de La Couvertoirade captait tous les regards et toutes les attentions.
Qui pouvait remarquer ce débris du petit patrimoine rural, fort délabré, surplombant l’enceinte fortifiée du monument-phare du Larzac Templier et Hospitalier ? Et surtout, qui pouvait être assez fou pour s’engager dans cette véritable épreuve d’endurance : la restauration d’un moulin abandonné ?...
Jeudi, sur le causse tout roussi de soleil et de sècheresse, fouettés par un fort joli vent de circonstance, les invités ont reçu à la volée les chiffres lancés par les uns et les autres. Le montage financier, avec son corollaire -politiquement obligatoire- des aides publiques, le montage juridique (bail emphytéotique par la commune), l’assistance de l’Association des Amis des Moulins, des Bâtiments de France, des bénévoles de Montaigut etc. etc. …
Qu’il fut fécond, le ministère de la parole. Ministère de la salive, précisait le retraité à mes côtés !
Mais, qui pourra dire et quantifier la dose d’inconscience qui fut nécessaire aux Amis de La Couvertoirade pour se lancer dans l’aventure ? …
Aventure, ce fut justement le terme employé par Bernard, l’artisan qui a « coiffé » le moulin.
Le savoir-faire ? Il était quasiment perdu. On nous expliqua d’ailleurs que Le Rédounel est le seul moulin à vent restauré en Aveyron, et que dans les départements limitrophes les exemplaires se comptent avec les doigts d’une seule main.
Revenons à Bernard.
Mille cinq cents heures de travail (
Au fait, quel était le sujet ?
Témoigner de la restauration d’un moulin. Mais aussi et surtout : donner envie à ceux qui me liront de visiter La Couvertoirade, un des plus beaux villages de France ; donner un coup de chapeau à un artisan qui le mérite, qui travaille admirablement bien et préfère l’aventure du sur-mesure à la fabrication en série (mais chut ! faut pas trop le dire) et puis aussi donner l’envie de redécouvrir l’œuvre de Daudet et, ne l’oublions pas, de Paul Arène. Et puisque nous sommes en littérature, je conclurai en citant Gaston Bonheur, le régional de l’étape, qui se plaisait à dire : « J’aimerais que sur chaque colline tourne un moulin à vent … ».
Mes chers amis, amis de La Couvertoirade, amis de Sévérac-le-Château, c’est tout le bonheur (n’est-ce pas, hors éoliennes…) que je vous souhaite.
Conseils bibliographiques : Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet et Paul Arène - Petite encyclopédie des vents de France, Honorin Victoire