vendredi 16 juillet 2010

À la recherche du Pin perdu



Celà pourrait être les communiants de 1944, mais je ne suis pas certaine de la date à 100%.
Même incertitude pour l'identité des photographiés, je sollicite donc la clémence !...

Entourant le père Lucien Larroudet, de gauche à droite : Mimi (soeur de Clairette), Albert Bonnet (dont les parents étaient ramonets chez M. Andrieu ) puis Barthélémy Mosca (né au Pin le 24 juillet 1933, là je suis affirmative), la soeur d'Albert Bonnet et enfin Thérèse Aîn .

Je n'ai pas connu cette époque. On me dit qu'elle fut rude mais que les amis y tenaient une large place permettant d'oublier- un peu - le reste.

J'ai connu Le Pin dans les années 60. C'est toujours le meilleur souvenir de mon enfance.
Courez-y vite ! Ce village est merveilleux !

Repas convivial sous les ombrages des figuiers demain.
On doit pouvoir s'inscrire pour ... 2011.

Des livres ?
Celui de M.Scanzi (et associés) sur Vieussan
Cavanna : " Les ritals"

samedi 3 juillet 2010

Méditations estivalo-gastronomiques

Il fait chaud.
Dans mon 34, on dit même: "Il fait lune" (j'sais pas pourquoi!). J'ai fait un rapide aller-retour lundi dans ma célèbre commune natale, et ce fut difficile. Même la sieste m'a paru interminable, comme suspendue dans la touffeur et le "criquètement" des cigales. D'habitude, j'aime les cigales, j'en suis même un fervent "supporter", appliquant en quelque sorte une discrimination positive à leur égard (haro sur la fourmi, noire, muette, vilaine et surtout ... pingre!). Mais, quand les cigales font les 3 x 8 devant mes fenêtres... non, trop, c'est trop!    
J'ai donc bien vite retrouvé l'épaisseur - et la fraîcheur - des murs de ma maison du 12.

L'été est là. C'est confirmé. On l'a assez attendu, celui-là, et on ne va donc pas se plaindre.

C'est la saison des apéritifs à la tarde, des repas dans le jardin et des salades...
Enfin, la salade, c'est surtout bon pour les lapins!. Et comme le disait le grand-père d'Hadrien, le meilleur des légumes, c'est quand même bien ... la viande!

Allez, pour rester dans la même fraîche euphorie, je vous offre le menu d'un mariage célébré en août 1945 - c'était encore les restrictions d'après-guerre - dans la vallée du Lot, au pied de l'Aubrac .(Que du light !)


Je n'ai pas d'informations sur ce qu'a été le repas du soir.

Des livres ? tous ceux qui facilitent le transit. Ou la sieste.
Une table ?
Pour la "montagne" d'Aubrac, pour la gentillesse de Valérie et la cuisine d'Adrienne (Miam, la tarte aux myrtilles!) courez-vite à Aubrac, où fille et petite-fille perpétuent l'accueil et la belle tradition culinaire "Chez Germaine". Après le repas, les vastes espaces vous attendent : vos pataugas en frétillent déjà.

(*) Oui, oui, Monsieur le censeur orthographique, on me l'a déjà fait remarquer : c'était le temps où les alouettes étaient sans tête, certes, mais elles avaient encore leurs deux ailes (" ll ")

jeudi 1 juillet 2010

Premier plaisir du jour

(première promenade dans le jardin)

Je me suis toujours levée tôt . Rester au lit est une perte de temps, c'est mon opinion .
Parfois je travaille, parfois j'écris, souvent je ne fais rien . Mais seule, dans l'aube naissante, je crois commander à tout le monde. Et cette sensation me plaît. Laissez-moi mes dernières illusions. Même le chat, qui espère ses croquettes, m'obéit.

Mon premier plaisir, après le café brûlant, c'est de me laisser happer par l'extérieur et de visiter le jardin, la tasse à la main.
Et ce matin, une surprise, de la brume annonciatrice d'une chaude, trés chaude journée. (Je vais plaindre mes compatriotes du 34 . Ici, dans le 12, beau temps ne rime pas avec transpiration excessive! ) . J'aime cette brume, fraîchement délicieuse. Je m'y sens, comme Chateaubriand, à l'abri des hommes.
- oui, mais lui, c'est de l'automne qu'il parlait !
- je sais, je sais ...

(Quand l'odeur du seringat fait verser le lait du pot ...)


Et quoi encore ?


De la gelée de groseilles prête à rejoindre l'armoire à confitures, made in chez moi et terminée juste à l'instant. Et, si les piafs ne prélèvent pas leur dîme, ce sera gelée de cassis dans la semaine...
Et aussi sur la fenêtre, le vinaigre de sureau qui mûrit, bronzette plein sud pour quinze jours...

Le matin le temps se dilate, on peut tout faire, je vous le répète !
On peut même ne rien faire. Et oh, on est en république, non ?

Une toile ?
"Dans la brume éléctrique", pour les paysages de la Louisiane, pour le fantastique, et pour ...Tommy Lee Jones !

mardi 22 juin 2010

Crime et châtiment

Encore une fois, Fédor Dostoïevski met le visiteur sur la piste : il s’agit ici de la morbidité humaine, de l’insociable sociabilité à son paroxysme, et de l'application du droit, par les peines. Tel est le propos de l’exposition conçue par Robert Badinter, ancien Garde des sceaux et président du Conseil constitutionnel, actuellement sénateur, au musée d’Orsay jusqu’au 27 juin.
Dès la première salle trône une Veuve (= la dernière guillotine, retrouvée dans les caves du fort d'Ecouen !) du XIXème siècle, suffisamment éloquente et encore mortifère dans les esprits.

Vous voilà prévenus!...

Les œuvres exposées, sur un spectre stylistique très large (Munch, comme Goya), feuilletent pour nous le catalogue général des meurtres et des assassinats, qu'ils soient politiques ou pécuniaires. Ou  encore, illustrent les figures des meurtriers: le fou et le simplet comme le pauvre, et les figures des victimes: l’opulent comme l’innocent et le politicien. L’art s’empare souvent brillamment de cet envers de la civilisation, le néoclassique David fait du vociférateur Marat un martyr christique, André Masson illustre la revue Acéphale ; des journaux d’époque relatent les faits divers les plus ordinairement sordides, à côté de portraits des sorcières en sabbat chez Goya.

À côté du mal, la répression. Comme le rappelle une porte de prison taguée par des générations de détenus.

La science, sinon le scientisme, s’en mêle, avec des moulages des têtes fautives prônées par la phrénologie (Paul Broca) ou les épigones sociaux du darwinisme (Cesare Lombroso), mais aussi la photographie judiciaire à ses débuts, où le vernis esthétique peine à dissoudre le malaise.

Tout ceci est cosmopolite et plutôt européen, mais il faut signaler quelques trouvailles folkloriques et provinciales, et non des moindres. Ces qualificatifs me semblent un chouia péjoratifs, mon fils!

À côté du Marat de David, figure une œuvre aussi inspirée par la Révolution, une sculpture de Denys Puech : la tête du poète André Chénier, l’âme lyrique de 1789, est tenue dans les mains de sa Muse qui l’embrasse et l’accompagne parmi les Idées au sens platonicien (oeuvre également exposée à Rodez et à Villefranche de Rouergue)
De même, la salle suivante rassemble une série d’aquarelles d’un certain Théodore Géricault sur l’affaire Fualdès, entre romantisme du trait et (proto-)réalisme macabre ; des hommes poignardent l’ancien procureur tandis qu’un joueur de biniou (*) couvre le bruit du forfait, avant de se débarrasser du corps dans l’eau  (les rues du piton de Rodez bruissent encore de l'affaire! )



Voilà pour le 12…










A gauche : dessin de l'affaire Fualdès colll. Sté des Lettres de l'Aveyron.
A droite: Denys Puech, André Chénier, sa muse ...

L’esthétique n’est pas l’éthique, aussi cette brillante et instructive exposition peut-elle donner, sans cynisme ou sadisme au sens premier, une certaine interrogation sur l’âme humaine, aussi civilisée et cultivée soit-elle, et sur ce dont elle est toujours, hélas, capable.
Craignons donc que le catalogue s'enrichisse encore de nouvelles oeuvres!

Un livre? Une toile? :
Surveiller et punir, de Michel Foucault, une thèse discutée et discutable, mais un ensemble rigoureux, déconcertant et salutaire, ne serait-ce que pour comprendre les supplices (Damiens et le lèse-majesté) et les peines leur ayant succédé (le fameux Panopticon de Bentham)
Le Dernier jour d’un condamné à mort, de Victor Hugo, simple, court, poignant et tranchant.
Crime et châtiment, de Fédor Dostoïevski (que l’auteur de ces lignes n’a pas encore parcouru, honte à lui)
Douze hommes en colère, film de Sydney Lumet, classique pénal et moral  (oui, mais moi j'aime!).
Le catalogue de l'expo (en vente sur internet)
Et pour le 12 : les nombreux ouvrages, anciens et récents sur l'affaire Fualdès.

A quatre mains : G.S. fils (et trés peu G.S. , sa mère)

(*) Le biniou habite en général la Bretagne. Le vuvuzela serait anachronique. Ne s'agirait-il pas plutôt d'une cabrette rouergate ?

mercredi 16 juin 2010

Classement vertical

Je viens de participer au vidage (horreur du mot!), au nettoyage (idem), au déménagement (?) de l'appartement d'une personne décédée. Sans enfant, généreuse toute sa vie, elle avait souhaité laisser ses biens à une oeuvre de bienfaisance. Les professionnels ont fait leur boulot, et les ventes ont été faites selon la volonté de la défunte.  Restait le petit appartement, et son mobilier à évacuer (encore un mot horrible).
Pendant ces trois jours, j'ai eu la désagréable impression de détricoter une vie bien ordonnée où tout était classé, étiqueté, rangé ... Aprés les photos pour la famille, après les vêtements pour Emmaus, pour le club couture local ... que faire de tout ce qui n'était ni vendable, ni "donnable" ?... Les poubelles ou les déchetteries ne sont pas faites pour accueillir les débris d'une vie ! Et  le respect de la personne ne nous paraîssait pas compatible avec le recours à un "professionnel du débarras" ...

J'ai aussi pensé à l'ancienne de l'Education Nationale, rencontrée lors d'une randonnée, qui après avoir occupé ses loisirs à suivre, puis à commenter, des expos, des conférences, des pièces de théâtre etc. , se désolait de ne pouvoir transmettre ces documents à personne, sa famille ne paraissant pas intéressée.

De ces deux expériences, je tire une conséquence.
Une nouvelle règle : faire du vide . (Non, non, je n'ai pas dit faire LE vide!)
Ne pas attendre que d'autres le fassent pour vous et sans vous. S'alléger de ce qui n'est pas utile.
S'il fallait, dans l'urgence d'un incendie par exemple, quitter en une poignée de minutes son chez-soi, qu'emporterions-nous d'indispensable pour continuer le chemin? ...
On s'encombre tous de bien trop de choses dont peu sont vitales.

A titre personnel, j'ai toujours été assez "classement vertical". A la maison, quand un enfant ne retrouvait pas l'un ou l'autre de ses "trésors", il finissait par souffler, fataliste : " Maman a dû le mettre au panier !". Pas toujours faux .


Un jour, j'ai lu dans une revue de vulgarisation que jeter à la poubelle signifiait faire de la place pour ceux que l'on aime .... Ben, qu'est-ce que je vous ai aimés !...

vendredi 4 juin 2010

" Souvenirs, souvenirs..."

Un week-end offert en Périgord, et nous voilà partis pour remonter le temps !...
Première étape: Sarlat. Il faut y lire l'histoire le nez en l'air : les beaux hôtels particuliers, celui de La Boétie, l'ami de Montaigne... Mais si, rappelez-vous :

"Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que celà ne se peut exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi."
Beaucoup, beaucoup de belles maisons à façade Renaissance, à découvrir au hasard des ruelles plutôt médiévales. Sarlat fut la première cité à "essuyer les plâtres" (horreur de l'expression! ce n'était évidemment pas du placo !) de la loi Malraux, ce qui explique son bel état!.

Oui, mais... surtout, surtout, ne baissez pas la tête !... Car, niveau rez-de-chaussée, si les façades sont toujours aussi belles, quoique médiévales, elles sont pratiquement toutes "squattées" par l'industrie du foie gras ! Une indigestion visuelle! ... Là, ce n'est plus Monsieur Malraux le responsable, c'est Monseigneur the tourist!... Dommage .


(maison de La Boétie)

Cette impression ressurgira à plusieurs étapes.

La trés belle vallée de la Dordogne, les beaux châteaux perchés sur les éperons rocheux de ses rives, la couleur de la pierre rougeoyant sous le soleil - de façon différente selon l'heure du jour -, les champs de noyers si bien entretenus... Ce Périgord pourpre est toujours aussi magnifique!... (mais presque partout aussi, des pancartes invitant le passant motorisé à s'acquitter de la "dîme" municipale...)
Le jardinier "contemplatif" que je suis, trouva tout son plaisir à se promener dans les allées bordées de buis à la française, à Eyrignac. On peut y préférer le fouillis de Fènelon ! Mais je ne sais pas si l'impression d'abandon qu'inspirent les jardins de son château natal aurait plu au vertueux évêque de Cambrai !


Eyrignac, jardin blanc.

Rocamadour fut un grand moment, le gîte avait été choisi avec soin (Merci !) . Non, non, nous n'avons pas gravi à genoux les 223 marches de l'escalier des pèlerins, comme le firent, paraît-il, Saint-Louis, sa maman et ses frères... On a pensé que nos péchés étaient peut-être plus véniels .
Croisé - dans le sens montant - un couple d'âge mûr, bien aidé dans l'ascension par son toutou, tout "arc-bouté" au bout de sa laisse ; je leur ai quand même conseillé de faire attention ... lors de la descente !

 (Eyrignac . Coucou, c'est moi : ta rose préférée)

La route nous conduisit ensuite à Montal et Assier, Renaissance toujours et à plus d'un titre, l'esprit Fenaille!.. La suite au prochain numéro .

A lire :
Montaigne .
Vraiment ? Vous êtes certain ? Les Essais, oui mais pas tous le même jour .

mardi 11 mai 2010

Ils se marièrent et eurent beaucoup de problèmes...

Tel était  le titre d'une enquête parue dans El Watan, quotidien algérien que je lis assez régulièrement.
Et oui ! Il n'y a pas que dans l'hexagone que celà arrive.  Mondialisation, là aussi.
Même ceux qui n'ont pas fait le détour par la mairie sont concernés . C'est pourquoi la situation de mon ami Georges tient de l'exploit : quatre vingt dix ans aux prochaines tomates, et soixante dix ans de mariage ! ...
Au-delà de l'exception sévéragaise,  existe- t-'il une recette?...
Peut-être...
En premier, un peu de compréhension, de fatalisme, je ne sais comment l'appeler, genre "ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre". Ou encore, à la manière de la grand'mère de Pollux: "Ojos que no ven, corazon que no llora ».
Oui mais, cet ingrédient, l'employer avec modération! (faut quand même pas pousser!)

Deuxio : avoir des projets. Mais des projets communs. Cet ingrédient là, ne pas le doser, ou alors en QSP.

Et tertio : se lever chaque jour avec l'ambition de faire quelque chose pour l'autre. Une petite ou une grande chose. Mais quelque chose, réellement .

Certains ont débuté dans cette course avec l'envie de tout gérer, de tout faire chacun pour soi et d'avoir toujours le dernier mot. Ceux-là sont mal partis. Et parfois, c'est vrai, un second départ sera meilleur, à défaut d'être parfait.
Ce qu'il faut faire quand arrivent les problèmes, je ne le sais pas.
Mais ce que je pressens, c'est ce qu'il ne faut pas faire.  En tout cas, ce que - moi - je n'envisagerais pas de faire .
Je n'irai pas voir les psy. Le psy machin ou le psy... chose. J'ai connu un couple "qui fonctionnait" mais qui avait des difficultés relationnelles avec un enfant (un jeune adulte!). L'homme de l'art, psy machin, les a convaincus de divorcer. Objectif réussi! Et l'enfant? Ah l'enfant ? Toujours pareil ! Il y a maintenant trois malheureux, trois "mal dans leur peau", mais individuellement atteints.
Je n'entends donner de leçon à personne. Et si certains ont des recettes, des trucs, des remèdes "de bonne femme", donnez, donnez... La sécu (*) en a besoin.
Et Georges ? Et bien, pas gâteux du tout, il s'occupe avec beaucoup d'affection, de son épouse. Sa vie de retraité n'a rien d'une petite vie étriquée entre pantoufles, chat et journal. Non, non, bien au contraire! Georges est un de nos principaux "fournisseurs" d'histoires et d'anecdotes locales. Pas triste non plus, bon pied, bon oeil, et tous les dimanche midi, avec madame, au restaurant!


(*) La sécu : pas la sociale, non l'autre. La Sécurité avec un grand S. Terme à l'orthographe variable, puisqu'elle peut s'écrire aussi Sérénité.
(photos M.-D. S.).

A lire ? 
un extrait de Maynard :
"Cloris, que dans mon coeur, j'ai si longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?."  

A écouter?
J. Brel, bien sûr.

vendredi 7 mai 2010

Tout fout l' camp .

Un 6 mai et des températures flirtant avec... avec le zéro?. Et oui, c'est vrai ! Et pas seulement en (presque) Sibérie, pas seulement dans le Midi-moins-le-quart, dans le Midi tout court aussi !
Me reviennent alors les paroles d'une chanson de croûlant : " ... Un jour de neige embaumé de lilas, jamais on ne le verra !" . Mais si, mais si!. On l'a vu et c'était hier !
Il l'avait bien dit lo papèt : le temps est détraqué, la faute aux spoutniks et autres arpenteurs du cosmos...

Nos repères locaux fichent le camp : ici, on met les pommes de terre en terre, justement, quand fleurissent les lilas... Et on "sort" les plants de tomates après la foire de Laissac. C'est quand la foire de Laissac ? Ce dimanche ... Ce dimanche ? Meffi !
Qu'est-ce qu'ils disent nos amis les rosbifs anglais? Ah oui  : wait and see! . Et que répondrait la mère Denis ? C'est bien vrai, ça!

Quand on fait mentir les proverbes et les usages locaux, on peut s'attendre à tout !

Tenez, pas plus tard que ce matin, j'ai vu, de mes yeux vu, se pavanant devant moi, sur "ma" route, une Smart toute rutilante et fière, flanquée sur son postérieur du numéro de son département : 48 !  Alors là !... Je ne savais pas qu'en Lozère il était si difficile de se garer qu'il fallait, comme à Paris, comme à Monaco, rouler "smart"!... Presque aussi incongru que ces 4 x 4 qui doivent ne faire que Paris-Deauville le week-end ! Mais ça c'est une autre histoire.

Je vous le répète, Madame, tout fout le camp . 

Au fait,  ma rengaine de "croûlant" comment concluait-elle?
 " ... Qu'est-ce-que ça peut faire, qu'est-ce-que ça peut faire, je dors auprès de toi! ..."

- C'est bien vrai, ça!

dimanche 2 mai 2010

En mai, tout me plaît

Les manifs n'y feront rien !...
Sous cette latitude, le muguet du 1er mai fleurit quand il veut .


Pas de clochettes épanouies ce 1er mai, donc.
En revanche, tout autour de la bassine de zinc contenant les visées expansionnistes dudit muguet,  s'étale sans pudeur le rose du myosotis .
Comment l'appelent-ils déjà nos amis les "rosbif" ? - ah oui, forget me not !
En français, et dans le mien blog : "Ne m'oubliez-pas"...

Dans la cour, mes préféré(e)s : les hostas (... il paraît que le nom patronymique officiel aurait changé ) .
J'aime, chaque printemps, les regarder "éclore".
Un peu caméléon à la naissance, avec des pousses brunes comme des dards perçant la terre, puis toute robe turbinée dehors, la plante se dresse, s'imaginant - pecaïre -atteindre des sommets, avant de s'abandonner en feuilles joliment arrondies. Des feuilles striées pour que chaque goutte de pluie descende une à une, depuis la pointe de la feuille jusqu'au pétiole, comme autant de perles pour irriguer son coeur.
Tous les verts de la terre l'habillent : la famille les décline presque à l'infini.

Invitons les hostas dans nos jardins.
Dans l'été, ses feuilles adouciront de la plus belle des façons tous les bouquets. Généreuses, au regard du peu de soins qu'on leur apporte, il suffit de les défendre des escargots et autres limaçons... Facile, même pour les jardiniers de l'espèce "contemplative" dont je fais partie.







Des souvenirs trés heureux et un anniversaire à souhaiter
c'est pourquoi j'aime tant le mois de mai .


mercredi 28 avril 2010

Double peine


Les années ont passé,
Travail et joies mêlés.

Que s’ouvrent enfin les portes
Sur cet ailleurs que j’attends.
Tout m’est blessure, le silence, les autres…
Au soir du combat, se fera le bilan.


jeudi 15 avril 2010

Entre mon fils et la B.D. ...

Week-end à Aix-en-Provence, surtout pour voir le jeune qui grandit loin de nous...

Justement, c’est lui qui m’entraîne à la Cité du Livre où les auteurs de B.D. dédicacent.
C’est pas trop mon truc. De longues files de jeunes patientent devant des panneaux portant des noms que je ne connais pas, mais alors pas du tout ! il n’y a là ni Uderzo, ni Goscinny, ni Hergé…

Et oh ! Tu te crois à quelle époque, mémère !

Derrière les grands rideaux bleu et noir cependant, une petite estrade, une table, quatre chaises, face à quelques rangées de fauteuils …
J’ai passé là une heure magique !
Jacques Ferrandez était venu parler de «Terre Fatale», dernier tome des «Carnets d’Orient» et de «L'Hôte», superbe album où il met en scène une nouvelle d’Albert Camus.

J’apprécie le crayon et les textes des Carnets d’Orient et je découvre un auteur assez sympathique.

Oui, mais c’est pas tout…

Je découvre surtout l’auteur de la préface de l’ «l’Hôte»: Boualem Sansal, arrivé directement d’Alger, mais en retard, car son avion avait été déprogrammé sans que personne n’en soit informé (C’était un vol de la compagnie nationale, que certains appellent « Air Peut-Etre ») !...
J’avoue ma totale ignorance au sujet de Boualem.
Et pourtant, quel amour pour son pays, et pour ses compatriotes. Et quel courage pour continuer à vivre et à écrire là-bas, chez lui ! L’oligarchie actuellement en place lui a fait payer cher sa liberté de ton : lui, limogé de son emploi, et son épouse contrainte à quitter son poste d’enseignante…

L’écouter parler avec passion. Avec passion et sans rancœur. Simplement. L’écouter dire les choses telles qu’elle sont, et les faits tels qu’il les a vus. L’entendre se faire apostropher par un jeune compatriote dans l’assemblée, costume strict et paroles de haine … interprétant la phrase (trop) célèbre d’Albert Camus sur la justice et sa mère !...

Cette heure de conférence m’a donné l’envie de lire un livre de Boualem : "Le village de l’Allemand ". Tirée d’une histoire vraie, cette œuvre raconte le curieux (surtout ne pas dire drôle !) parcours d’un criminel nazi exfiltré d’Europe, pour devenir sur ses vieux jours, via l’Egypte et les services spéciaux locaux, le héros d’un village des hauts plateaux algériens : un homme bon, tourné vers les autres. Récit déroulé au travers des journaux croisés des enfants de l’Allemand, qui, bien sûr, ignoraient tout de la première partie de la vie de leur père. Leur père massacré, au soir de sa vie, par des terroristes islamistes. Et voilà la boucle bouclée : tous les terrorismes se ressemblent, celui de 1944 et celui de 1994, en Allemagne ou en Afrique.

Merci à Guillaume de m’avoir permis cet « intermède ». Il résonne encore en moi, en différents échos que je ne développerai pas ici, ce n’est pas l’endroit.

Beaucoup de choses, beaucoup de gens, ont besoin de nous pour échapper à l’oubli ou à l’indifférence : penser à ajouter Boualem Sansal à ma liste.

Des livres:
Les Carnets d'Orient, maintenant refermés par J. Ferrandez
Le Village de l'Allemand de Boualem Sansal
Et, pourquoi pas, relire Camus, si décrié de nos jours.


vendredi 26 mars 2010

Lettre ouverte à Nounours, Kiki, Nicolas (absent sur la photo!) et les autres...


A l'écho de ma voix ne répondent que les craquements des meubles ou du parquet ... J'ouvre la porte de la chambre : il y a bien longtemps que personne ne dort plus ici .
Les oiseaux s'envolent, il faut bien que les enfants partent aussi.
Mais les livres s'ennuient, sagement alignés, figés, le dos tourné à la lumière, à la vie.
Et Nounours, Kiki et les autres, tant aimés autrefois et maintenant relégués, oubliés, méprisés.

          Les bras qui vous entouraient, où sont-ils?
        Aimer c'est souffrir... Dites-le, vous aussi .
Criez-le !...
Qu'on vous réponde !

Avant que tout ici ne sente la naphtaline ...